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Miel suisse contaminé: pas de danger pour la santé

Les antibiotiques permettent de soigner des maladies parfois mortelles pour les larves. Keystone

Des laboratoires suisses ont découvert des résidus de sulfamides dans des pots de miel. Les apiculteurs qui ont utilisé ces médicaments doivent retirer immédiatement leur produit. Mais les experts ajoutent qu’il n’y a aucun risque pour la santé.

C’est la mise en œuvre, depuis quelques semaines dans certains laboratoires cantonaux et privés, d’une nouvelle méthode de test plus performante qui a conduit à cette découverte et qui semble avoir surpris un peu tout le monde, les apiculteurs autant que les préposés à la surveillance des denrées alimentaires. Des échantillons de miel achetés sur le marché ont en effet révélé la présence de résidus d’antibiotiques et de sulfamides pourtant interdits en Suisse.

Les analyses se poursuivent, mais l’Office fédéral de la santé publique n’en a pas attendu toutes les conclusions pour en informer les producteurs et le public. A ce stade de la recherche, on ne connaît pas encore très bien le pourcentage de la production contaminée ni sa réelle distribution géographique. Les quelque 50 tonnes de ce miel incriminé, soit environ trois pour cent de la récolte suisse 1999, proviennent en effet d’un grand nombre d’apiculteurs. Il est dans ces conditions très difficile de savoir qui parmi eux a recouru à ce genre de traitements interdits.

Les antibiotiques et les sulfamides sont utilisés pour soigner des maladies infectieuses, en particulier la «loque américaine» qui s’attaque particulièrement aux larves. C’est une maladie mortelle pour les colonies d’abeilles et répandue pratiquement dans le monde entier. L’an dernier, l’Office fédéral vétérinaire avait recensé une centaine de ruches contaminées. En Suisse, dans ce cas de figure, le recours aux antibiotiques et aux sulfamides est strictement interdit. Le seul moyen de s’en débarrasser est de détruire les colonies malades et de désinfecter le matériel de l’apiculteur.

Tous les pays n’appliquent pas des mesures aussi drastiques, ce qui revient à dire que des contaminations restent possibles par-delà les frontières. Voilà pourquoi l’Office fédéral de la santé a fixé des valeurs de tolérance inférieures aux taux à partir desquels il y aurait danger pour la santé. Les analyses menées ces jours-ci ont montré que ces valeurs basses avaient été dépassées, d’où l’avertissement lancé par les autorités sanitaires qui précisent que «le miel suisse peut donc continuer d’être consommé malgré ces résultats fâcheux».

En Suisse, on compte quelque 20’000 apiculteurs. La plupart d’entre eux pratiquent l’art d’élever les abeilles comme activité secondaire ou comme passe-temps. Leur production annuelle de miel tourne autour des 2’000 tonnes. Et les neuf dixièmes de leur récolte est écoulée sur le marché sous forme de vente directe aux consommateurs.

Bernard Weissbrodt

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