Suisses d’Afrique du Sud fiers ou indifférents
Plus de dix mille Suisses vivent en Afrique du Sud. Nombre d'entre eux, émigrés de la seconde génération, sont double nationaux.
S’intéressent-ils au Sommet de Johannesburg? Points de vue de l’ambassadeur de Suisse à Pretoria, Rudolf Schaller.
swissinfo: Monsieur l’Ambassadeur, comment avez-vous accueilli l’annonce de ce Sommet de Johannesburg?
Rudolph Schaller: Ma première réaction était de dire: de nouveau l’Afrique du Sud! Après les grandes conférences internationales de Durban sur le sida et sur le racisme, voici Johannesburg.
Cela montre que ce pays a la capacité d’organiser ce genre d’événements. Et montre aussi l’importance internationale qu’on attache à l’Afrique du Sud et à son Président reconnu comme un constructeur de ponts entre le Nord et le Sud.
Et les Suisses d’Afrique du Sud, comment voient-ils l’événement?
R.Sch: Nombre d’entre eux, probablement, partagent un certain sentiment de fierté du fait que leur pays de résidence accueille ce Sommet. Mais, pour les autres, il ne faut pas se faire d’illusions.
Alors que ce pays lutte sur plusieurs fronts pour la survie de ses populations, les Suisses d’Afrique du Sud travaillent dans un environnement développé.
Mais ce Sommet les concerne. Ils se rendent compte dans leur travail quotidien que la protection de la nature par exemple est une vraie préoccupation pour les autorités et les chefs d’entreprise.
Que dire de cet espace «Sustainable Switzerland» où la Suisse, avec d’autres, présente ses activités en matière de développement durable?
R.Sch.: Cette grande tente où nous sommes est un bazar des vanités. Chaque pays essaie de s’y présenter de manière agréable et accueillante.
La Suisse y offre une structure moderne et ouverte, on y joue avec le thème de la montagne, on y trouve un podium où chaque jour on traite de sujets lies à la thématique de la Conférence.
Et quel regard le Sud-Africain porte-t-il sur la Suisse?
R.Sch.: Le Sud-Africain ne connaît pas trop notre pays. Il nous faut donc éveiller chez lui davantage d’intérêt.
Ce qui me paraît le plus important, ce n’est pas de présenter la Suisse dans ce qu’elle a de plus beau, mais de montrer que dans certains domaines nous sommes confrontés aux mêmes défis.
Si on lutte contre la pollution dans des villes comme Bâle et Pretoria, on trouve des similitudes, on peut apprendre l’un de l’autre. Il y a d’ailleurs un projet de partenariat qui va dans ce sens.
Propos recueillis à Johannesburg par Bernard Weissbrodt
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