Un Suisse marche dans l’espace: c’est parce qu’il est Européen
Premier suisse à flotter dans le vide, Claude Nicollier a passé plus de huit heures au chevet de Hubble. C’est aussi le premier non-américain à quitter la navette spatiale. Un succès que la Suisse doit à sa participation à l’Agence spatiale européenne.
Premier suisse à flotter dans le vide, Claude Nicollier a passé plus de huit heures au chevet du télescope orbital Hubble. C’est aussi le premier non-américain à quitter la navette spatiale. Un succès que la Suisse doit à sa participation à l’Agence spatiale européenne.
Le 23 décembre 1999: une date qui sans doute marquera l’histoire de la participation suisse à l’aventure spatiale, avec la première sortie dans l’espace du Vaudois Claude Nicollier (à droite), chargé, en compagnie de l’Américain Michael Foale (à gauche), de remplacer le «cerveau» informatique de Hubble.
Une sortie qui s’est parfaitement déroulée. Les deux hommes se sont relayés à l’extrémité du bras télémanipulateur de Discovery pour démonter puis réinstaller l’ordinateur central, ainsi que l’un des détecteurs de guidage de précision de Hubble. Un travail effectué dans les conditions très difficiles de l’apesanteur et qui a duré huit heures et dix minutes.
Pour l’astronaute suisse c’est la réalisation d’un grand rêve. C’est en même temps l’apogée d’une magnifique carrière. Une carrière commencée comme astronome, après des études aux universités de Lausanne et de Genève. Nicollier y ajoute le métier de pilote, sur DC-9, pour Swissair, et sur F-5 ou Hunter pour l’armée suisse.
En 1978, il est sélectionné dans le premier groupe d’astronautes européens par l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Il s’entraîne ensuite à Houston, avec les hommes de la NASA et c’est finalement en 1992 qu’il devient le premier Suisse dans l’espace, à bord de la navette Atlantis. Trois autres vols suivront.
Ainsi la Suisse a réussi à se faire une place dans le domaine spatial, aux côtés des grandes puissances de la planète. Elle le doit, bien sûr, aux qualités professionnelles et humaines de Claude Nicollier. Mais pas seulement. Il y a aussi les industriels suisses actifs dans le domaine spatial. Il y a aussi la puissance de frappe scientifique que représentent les universités, les centres de recherche et les Ecoles polytechniques fédérales.
Mais surtout, il y a eu, dès le départ, une volonté politique. «Nous avons très tôt choisi la voie de l’intégration européenne», rappelle Peter Creola, le chef du Bureau des affaires spatiales, à Berne. Ainsi, bien qu’elle boude l’Union européenne, la Suisse fait partie de l’Agence spatiale européenne, depuis sa naissance. Et c’est cette participation qui a permis à Nicollier de vivre sa formidable aventure. «Cela prouve aussi, conclut Peter Creola, qu’à l’intérieur de l’effort spatial européen la Suisse bénéficie des mêmes droits que les autres Etats membres, tels que la France, l’Italie ou la Grande-Bretagne»
Pierre Gobet
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