Escroc et…expert de justice à Genève
Gérard W., soupçonné d'escroqueries, est jugé par le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois. Malgré son pedigree, il a travaillé pour la justice genevoise.
L’affaire remonte à 1994. Le procureur genevois Laurent Kasper-Ansermet charge Pierre C. d’enquêter sur le milliardaire Nessim Gaon. Aussitôt Pierre C. s’adjoint les services d’un personnage au passé chargé, Gérard W., un Fribourgeois, ancien promoteur immobilier.
Les deux hommes mènent une enquête sur les différentes sociétés de Nessim Gaon. Mais au lieu de présenter leur rapport à la justice genevoise, ils tentent de faire chanter le propriétaire du Noga Hilton. Contre deux millions de francs, ils s’engagent à embellir leur rapport.
Deux incendies intentionnels
On connaît la suite: les deux hommes, trahis par une bande magnétique, sont inculpés et emprisonnés pendant quelques semaines en 1997. Cette affaire sera jugée au début de l’année 2002 par le Tribunal de police de Genève.
Gérard W. n’est donc pas sorti de l’auberge. Il est actuellement poursuivi par le Tribunal correctionnel de l’Est vaudois pour une quantité invraisemblable d’infractions.
Ancien promoteur immobilier en faillite, ce solide gaillard de 54 ans, a déjà à son actif deux incendies intentionnels, qui devaient lui rapporter deux millions de francs grâce aux assurances.
Ce personnage, qui a ainsi pu se faire passer pour un expert de justice dans la Cité de Calvin, s’est ensuite reconverti dans les opérations de change douteuses. Il s’est même présenté comme le conseiller de l’émir du Koweït, qui l’aurait chargé de changer 420 millions de dollars!
Ces vulgaires arnaques ont tout de même fait perdre des centaines de milliers de francs à ses clients. Devant le tribunal, les victimes n’hésitent pas à multiplier les noms d’oiseaux à l’encontre de Gérard W., le menaçant même de lui «casser la gueule». L’accusé, établi à Chexbres, continue de tout nier. Toutes ces histoires, jure-t-il, ne seraient que la faute à pas de chance.
Ian Hamel
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