Le rugby suisse ne tourne pas rond
Vaincue à Split, l'équipe de Suisse a perdu tout espoir de participer au prochain Mondial. Mais c'est tout le rugby suisse qui a mal.
Samedi contre la Croatie, l’équipe de Suisse de rugby a peut-être perdu plus qu’un simple match. Privée de neufs titulaires, les protégés de Régis Tabarini n’ont désormais plus aucune chance de se qualifier pour la phase finale de la future Coupe du monde 2003.
Un exploit que les Suisses n’ont encore jamais réalisé en près de trente ans. «Notre jeu au pied était déficient et nous avons été incapables de mettre la pression sur l’équipe adverse», analyse l’entraîneur national.
Une rencontre décisive fin novembre
Au-delà de cette défaite, c’est l’avenir du rugby suisse qui est en jeu. La dernière rencontre des internationaux à croix blanche, à Hermance (Genève), à la fin du mois de novembre, face à l’Ukraine, s’annonce désormais décisive pour ne pas tomber dans le «no man’s land» du rugby international.
Pourtant la structure mise en place depuis deux ans pour tenter de dynamiser ce sport en Suisse était porteuse d’espoir. «Notre organisation est meilleure que nos résultats», regrette Luc Baatard, l’actuel président de la Fédération suisse de rugby.
«Nous avons créé une première division à six équipes pour améliorer le niveau. Trois clubs sont véritablement compétitifs, Hermance, Genève, Zurich. Avusy et Nyon ont un peu plus de mal et La Chaux-de-Fonds est à la traîne. Le problème principal réside dans le fait que les régions n’apportent pas le soutien attendu.»
Une question de culture
Les structures existent. La filière de formation également, mais le développement ne suit pas. A l’heure actuelle, moins de 2000 licenciés foulent les terrains du pays. Bien trop peu pour espérer un rayonnement plus important.
Quatrième sport de balle au niveau mondial, la course du ballon ovale reste capricieuse en Suisse. « Les gens ne s’intéressent pas au rugby. Les médias ne répercutent pas le formidable impact des grands matches internationaux. De fait, l’argent manque», affirme Norbert Li-Marchetti.
Mais le secrétaire général de l’organe faîtier suisse et vice-président met surtout en avant le manque de culture et de tradition rugbystique. «Il faut, dit-il, beaucoup de force de caractère et de force physique pour pratiquer ce sport. Les Suisses ne sont pas habitués à se faire mal. Tout est trop facile dans notre pays.»
Pour l’instant, ce «sport de brutes pratiqué par des gentlemen» se trouve au milieu d’une mêlée dont il sera nécessaire de l’extirper. Sous peine d’être botté définitivement en touche.
Mathias Froidevaux
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