Le TGV franco-suisse fête ses 30 ans

En 2010, près de 2,3 millions de passagers ont pris un TGV entre la Suisse et la France. Keystone

Le trajet entre Genève et Paris en «train à grande vitesse» a été inauguré il y a 30 ans. Aujourd’hui, il dessert aussi Bâle, Zurich, Lausanne, Neuchâtel, Berne et Brigue et a complètement modifié les habitudes de voyage entre la Suisse et la France.

Ce contenu a été publié le 29 septembre 2011 - 14:23
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Les autorités suisses considèrent l’extension du réseau TGV vers la Suisse comme un véritable succès. «Notre engagement s’est révélé en tous points positif, explique Florence Pictet, porte-parole de l’Office fédéral des transports (OFT). La Suisse se trouvant au cœur de l’Europe, elle doit avoir des liaisons de qualité avec ses voisins.»

Les temps de parcours ferroviaire entre la Suisse et Paris ont été réduits à l’extrême ces trente dernières années. Il faut désormais 3 heures et 5 minutes depuis Genève, 3 heures 27 depuis Bâle et 4 heures 36 au départ de Zurich.

«La ligne Paris – Genève est, historiquement parlant, l’une des premières à avoir vu le jour et elle est très importante d’un point de vue international», précise Alain Barbey, directeur général de TGV Lyria, filiale de la SNCF. «L’an dernier, nous avons transporté un million de passagers entre la cité de Calvin et Paris, ce qui représente une augmentation de 20%.»

Les TGV entre Genève et Paris assurent ainsi 45% du trafic ferroviaire passagers entre la Suisse et la France. «Mais ce segment n'est pas le plus rentable, étant donné qu'il est très cher à exploiter», ajoute le directeur.

Sylvain Meillasson, journaliste et expert indépendant, va plus loin encore. Selon lui, en démontrant que le train pouvait être plus rapide que l’avion, le TGV a même sauvé les réseaux ferroviaires suisses et français.

«La compétition faisait rage avec des compagnies d’aviation basées à Zurich, Genève et Bâle. Mais le TGV a réussi à offrir des prix attractifs et a démontré les avantages du voyage en train», affirme le journaliste.

Le mariage du rail franco-suisse est contrasté mais aussi complémentaire, selon Sylvain Meillasson. Les Français sont plus axés sur la technologie et les objectifs commerciaux tandis que les Suisses sont davantage marqués par des décisions politiques, prises en dernier ressort par les citoyens suisses en votation.

Extension continue

Le réseau continue à s’étendre. Inauguré le 8 septembre dernier, un tronçon de 140 kilomètres à grande vitesse reliant le Rhin et le Rhône, soit Mulhouse et Dijon, sera un élément crucial pour la connexion de la Suisse au réseau ferroviaire européen.

Lorsque la ligne ouvrira, le 11 décembre prochain, le voyage entre Zurich/Bâle et Paris sera encore réduit de 30 minutes. La Suisse a investi 100 millions de francs dans ce projet, sur un coût total estimé à 2,3 milliards d’euros (2,8 milliards de francs suisses).

Présente lors des festivités d’inauguration, la ministre suisse des Transports Doris Leuthard, a dit sa satisfaction. Pour les représentants du canton du Jura, la ligne permettra de rendre leur région plus accessible et aussi plus attractive aux yeux des touristes mais aussi des travailleurs frontaliers.

Le Jura bénéficiera aussi de la réouverture de la ligne entre Delle, à la frontière franco-suisse, et Belfort, où passe le TGV. La fin des travaux est prévue pour 2015, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy. La ligne ouvrira un accès direct entre la France et Bienne. Les Jurassiens ne seront plus qu’à 2 heures 45 de Paris.

Plus d’un milliard de francs

La nouvelle ligne Rhin-Rhône fait aussi partie du programme suisse d’extension des connexions internationales avec la France (Paris et Lyon) et l’Allemagne du sud (Stuttgart et Munich), tel qu’adopté par les Chambres fédérales en 2004. Le programme, devisé à 1,09 milliard de francs, est prévu jusqu’en 2015.

Une partie des travaux est déjà terminée. C’est le cas de la liaison Bellegarde-Bourg-en-Bresse à l’ouest de Genève et de la ligne Vallorbe/Neuchâtel-Frasne-Dijon. En Suisse orientale, les travaux se poursuivent avec l’électrification du tronçon Lindau-Geltendorf sur la ligne Zurich-Munich, qui permettra de raccourcir le trajet de 40 minutes.

L’axe nord-sud est marqué par les projets de Nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA), avec les deux nouveaux tunnels du Lötschberg, en service depuis 2007, et du Gothard, attendu pour 2017. Les temps de parcours seront réduits d’une heure entre Berne et Brigue et l’Italie.

Pas une priorité

Les liaisons à grande vitesse ne sont toutefois pas une priorité, nuance Florence Pictet de l’OFT. «Sur le réseau suisse, nous devons nous concentrer sur les problèmes de capacités et les solutions pour alléger les endroits surchargés.»

La moitié des 900'000 personnes qui prennent le train chaque jour en Suisse le font en effet durant les heures de pointe du matin et de la fin de l’après-midi. Et, selon les pronostics, la demande ne va cesser de progresser d’ici 2030, surtout dans la région zurichoise et le long du Lac Léman.

TGV

Le 27 septembre 1981, les premiers trains TGV circulaient entre Genève et Paris, de même qu’entre Lyon et Paris. Depuis 1,7 milliard de voyageurs ont pris le TGV sur les 1900 kilomètres du réseau français à grande vitesse.

Le réseau s’est considérablement agrandi avec de nouvelles lignes dans toutes les régions de l’Hexagone. Les TGV actuels peuvent atteindre 300 à 320 kilomètres/heure, pour une vitesse moyenne de 160-245 km/h.

En 2010, 2,3 millions de voyageurs ont pris un TGV entre la Suisse et la France, soit 7% de plus qu’en 2009.

La SNCF est par ailleurs accusée de négliger le trafic régional pour privilégier les TGV.

En raison des taxes dues au Réseau ferré de France (RFF) notamment, seules 30% des lignes à grande vitesse sont considérées comme rentables. Mais l’Etat français a assuré vouloir continuer à subventionner les futurs développements du TGV.

Quatre lignes ont vu le jour depuis 2007. Paris-Tours vers la frontière espagnole, Bretagne-Vallée de la Loire, Rhin/Rhône à l’est et Languedoc-Roussillon jusqu’en Espagne.

La filiale Lyria, propriété des CFF et de la SCNF, exploite les TGV entre la Suisse et la France.

Les TGV relient Genève, Lausanne, Neuchâtel, Berne, Zurich, Bâle et Brigue à Paris.

La Suisse est également reliée aux réseaux à grande vitesse d’Allemagne et d’Italie.

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