La Chine veut que ses médecins soient reconnus en Suisse

Dans les hôpitaux chinois, comme ici à Qingdao, la médecine traditionnelle est couramment utilisée. Keystone / Wu Hong

Des millions de Chinois sont diplômés en médecine traditionnelle chinoise. Mais leur diplôme ne leur permet pas d’être reconnus comme médecins en Suisse. La Chine aimerait changer la donne.

Ce contenu a été publié le 10 avril 2019 - 16:56

Selon la NZZ am Sonntag, la Chine fait du lobbying pour que la Suisse reconnaisse les médecins qui ont étudié la médecine traditionnelle chinoise (MTC) en Chine. Lors d’une rencontre en novembre, une délégation chinoise a fait pression sur la Confédération pour que la Suisse reconnaisse les diplômés de MTC et pour que leurs soins puissent être remboursés par l’assurance maladie obligatoire. Selon China Daily, la Chine entend mieux diffuser sa médecine traditionnelle en Europe.

La médecine traditionnelle chinoise est apparue il y a plus de 2000 ans en Extrême-Orient. Elle s’est ensuite développée dans différents pays, donnant naissance à plusieurs variantes.

Les pratiques thérapeutiques de la MTC englobent l’acupuncture, une pharmacopée traditionnelle, de la diététique ainsi que des techniques de massage et le shiatsu. La MTC est remboursée en tant que médecine complémentaire et alternative.

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Toute personne ayant suivi la formation de MTC de cinq ans en Chine ne sera pas reconnue comme médecin en Suisse sans avoir suivi des études de médecine classique. Par ailleurs, les soins de MTC ne sont remboursés par les caisses d'assurance maladie que si le médecin traitant, en plus de sa formation en médecine chinoise, peut justifier d'un diplôme de médecine classique avec un titre de spécialiste – ce qui prend au total dix ans et plus.

«Dialogue» entre la Suisse et la Chine

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) confirme à swissinfo.ch avoir mené des discussions avec la Chine. De son côté, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) explique que la Suisse ne mène pas de négociations avec la Chine sur ce thème, mais un «dialogue» dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les deux pays.

Effectivement, une annexe à l'accord de libre-échange stipule que la Suisse doit informer la Chine au sujet de son système d'assurance de base en ce qui concerne le remboursement des soins de la MTC, y compris l'acupuncture.

«Dans le cadre de ce dialogue, l’état de la situation ainsi que la législation suisse ont été communiqués à l’autre partie. Aucune autre mesure n’est prévue pour le moment», indique un porte-parole du SECO.

Le chef de la délégation chinoise n’était pas atteignable. Il n’est donc pas clair si la Chine souhaite que le diplôme de MTC soit reconnu comme un diplôme de médecine complet avec spécialisation, ou simplement comme un diplôme de thérapeute – comme c’est par exemple le cas pour la profession de chiropraticien.

Pas nécessaire du point de vue suisse

Les thérapeutes qui pratiquent déjà la MCT ont des réserves par rapport aux exigences chinoises. Ce n’est guère surprenant, car ces collègues chinois, au bénéfice d’une formation nettement plus courte, seraient une concurrence.

Alexandra Nievergelt représentait l’organisation faîtière suisse de la MTC lors de la rencontre évoquée par la NZZ am Sonntag. «La création d’une nouvelle profession médicale, telle que souhaitée par la délégation chinoise, n’a aucune chance, surtout en raison des exigences linguistiques», indique-t-elle à swissinfo.ch. Elle ajoute que par ailleurs, les autorités suisses ont souvent de la difficulté à évaluer les diplômes chinois.

«L’organisation faîtière ne veut pas de la création d’une nouvelle profession médicale spécialement pour des médecins chinois accompagnés d’un interprète», déclare Alexandre Nievergelt en renvoyant aux thérapeutes qui exercent déjà en Suisse et qui ont appris une langue nationale.

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