STOP SIDA veut secouer la Suisse

Un des slogans de la nouvelle campagne STOP SIDA 2003. OFSP

7000 slogans affichés dans toute la Suisse, interpellation des autorités: la Campagne STOP SIDA 2003 va droit au but.

Ce contenu a été publié le 15 avril 2003 - 12:05

L'objectif de cette action est de replacer cette maladie au centre des débats. Car les infections augmentent sensiblement en Suisse.

Lancée conjointement par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l'Aide Suisse contre le Sida (ASS), la campagne a débuté mardi.

A partir du 22 avril, les affiches de la campagne STOP SIDA 2003 vont bourgeonner un peu partout en Suisse. Avec des textes courts et souvent ironiques, imprimés sur fond jaune acide.

Ces slogans (87 sujets en allemand, 40 en français et 25 en italien) veulent faire réagir le lecteur. Ils interpellent toute une série d'autorités, d'institutions, de groupes, d'acteurs de la vie sociale ou encore de commerces.

Leurs messages sont clairs. Il s'agit en effet de préparer le terrain à la prévention contre le virus VIH.

Ces 7000 affiches de la campagne 2003 ne sont pas réparties au hasard. Chaque message a sa cible. Ainsi, un slogan sur le tourisme sexuel sera placé dans un aéroport.

Une campagne en deux vagues

Concrètement, cette campagne se déroule en deux phases. La première, visible partout en Suisse dès le 22 avril, va durer quatre semaines. Elle s'adresse à l'ensemble de la population.

Parmi les slogans, un certain nombre seront adressés par l'intermédiaire d'instances susceptibles de multiplier l'effet préventif de par leur proximité avec certaines catégories de la population. A l'instar de festivals open air et de grands magasins.

La deuxième vague, elle, est prévue pour le 12 août et s'étend également sur quatre semaines.

Cette fois, la cible est particulièrement bien identifiée. Elle comprend les groupes à «risque» : communauté gay et migrants. Ceux-ci seront directement interpellés, car ils sont particulièrement frappés par les nouvelles infections déclarées en 2002.

Augmentation des infections

Le lancement de cette action 2003 est accompagnée de la publication des chiffres de l'OFSP. Ces chiffres sont inquiétants.

Alors que le nombre de nouvelles infections par le VIH diagnostiquées entre 1992 et 2000 était en régression, ce nombre augmentait légèrement (7,7%) en 2001 pour atteindre 631 cas.

Cependant, on assiste à une véritable explosion en 2002 avec plus de 25,5 % d'augmentation des infections : 792 cas, soit 161 de plus en une année.

Par comparaison, les seuls coûts médicaux annuels pour le traitement de ces 161 cas dépasseront dans quelques années le budget de la campagne STOP SIDA qui se monte à 3 millions de francs.

Selon l'OFSP, toujours, la plupart des nouvelles infections diagnostiquées en 2002 sont transmises par voie sexuelle.

Et la plus forte augmentation (+ 37%) de nouveaux cas de VIH en 2002 est enregistrée auprès d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (men having sex with men, MSM). Ces cas touchent essentiellement des Suisses.

Chez les hétérosexuels l'augmentation est forte également. Elle se monte à 26,2% et concerne principalement des ressortissants de l'Afrique subsaharienne.

Mesures spéciales

Face à cette situation épidémiologique et parallèlement aux deux phases de la nouvelle campagne STOP SIDA, l'Office fédéral de la santé publique va mettre en oeuvre une série de mesures spécifiques destinées aux MSM.

Il s'agit de motiver les établissements dans lesquels une activité sexuelle est possible (saunas, bars, discos, clubs avec darkroom, etc) à prendre des mesures d'information destinées à leur clientèle.

Pour conclure, en tant que co-signataire de la campagne, l'Aide Suisse contre le Sida (ASS) souligne que le travail de prévention n'est nullement terminé avec le message de l'utilisation du préservatif que certains ont tendance à ne plus utiliser.

swissinfo et les agences

Faits

STOP SIDA 2003:

deux campagnes d'affichage en avril et en août.
la première s'adresse à toute la population.
la deuxième s'adresse aux groupes à "risque".

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article