Le coronavirus complique la vie des Suisses qui veulent émigrer

Voici la vue qui attend les deux sœurs désireuses d'émigrer à Tenerife. zvg

Jasmin Vögtli devrait être une Suisse de l'étranger depuis deux mois déjà. Mais le coronavirus l'a empêchée d'émigrer en mars. Ses deux valises pleines, elle attend maintenant de pouvoir partir.

Ce contenu a été publié le 03 juin 2020 - 14:30

Les Suisses émigrent volontiers. En 2019, 770'900 citoyens suisses vivaient à l'étranger, soit 10'700 de plus que l'année précédente. Ces chiffres soulignent la tendance de ces dernières années: de plus en plus de personnes possédant un passeport rouge décident de vivre en dehors de la Suisse.

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Puis le coronavirus est arrivé, et il a mis un frein à de nombreux projets de départ. Cela a été le cas pour Jasmin Vögtli et sa sœur, qui pensaient émigrer ensemble à Tenerife. Elles auraient dû décoller le 27 mars. Elles ont démissionné, rendu leur appartement, et leurs meubles et autres affaires étaient en route pour les îles Canaries. L'infirmière de 59 ans et sa sœur, qui a neuf ans de plus, attendent désormais de quitter le pays. «Tout est à Tenerife, mais nous sommes encore ici», dit Jasmin Vögtli, qui vit à Derendingen, dans le canton de Soleure.

«J'ai toujours voulu vivre dans le Sud»


Dans leur malheur, les deux sœurs ont de la chance. L'ancien employeur de Jasmin Vögtli a mis à la disposition des deux femmes bloquées dans leur propre pays un appartement de vacances dans la maison de retraite où la cadette travaillait. «De cette façon, nous faisons l'expérience de ce que sera l'avenir», plaisante-t-elle. Pour passer le temps, Jasmin Vögtli aide à la maison de retraite. «En fait, je fais la même chose qu'avant.»

Jasmin Vögtli a pris une retraite anticipée afin de réaliser son rêve. «J'ai toujours voulu vivre dans le Sud.» Tenerife l'a toujours irrésistiblement attirée. «Nous aimons le soleil, la chaleur et la mer», s'enthousiasme-t-elle. Le fait que cette île des Canaries se trouve à quatre heures d'avion a également pesé dans la balance, car la famille et les amis vivent ici, en Suisse. Enfin, ce sont les finances qui ont poussé Jasmin Vögtli à émigrer: «La vie est tout simplement moins chère à Tenerife».

En mars, les sœurs Vögtli avaient déjà dit au revoir à leur famille et à leurs amis et retiré leurs papiers de leur commune. Mais Jasmin Vögtli ne pense pas s'enregistrer à nouveau. Elle espère qu'elle pourra partir le plus tôt possible. «Nous avons déjà changé notre réservation X fois.» Il est probable que le prochain vol en juin ne fonctionne pas non plus.

Jasmin Vögtli n'est pas un cas unique

Jasmin Vögtli (59 ans) voulait partir en mars déjà. zvg

«Cela ne sert à rien de s'énerver», dit Jasmin Vögtli. Tout le monde est dans la même situation en ce moment. Son futur domicile se trouve à La Matanza de Acentejo, au nord-ouest de Tenerife. Jasmin Vögtli s'est rendue à trois reprises sur l'île, la dernière fois en novembre. À cette époque, sa sœur et elle ont signé un contrat préliminaire pour l'achat d'un appartement.

L'achat aurait dû être finalisé en avril. «Il a donc fallu, bon gré mal gré, que notre agent immobilier s'en occupe.» Pour cela il a suffi d'obtenir une authentification de l'acte notarié. «Tout s'est bien passé, même nos meubles et nos cartons sont déjà dans notre appartement au bord de la mer», dit-elle avec joie.

Jasmin Vögtli n'est certainement pas la seule à attendre de pouvoir émigrer. Les services de conseil pour les Suisses de l'étranger proposés par la coopérative Soliswiss ont été contactés par bon nombre de personnes désireuses d'émigrer qui ont dû reporter, voire annuler, leurs projets de voyage. «Nous constatons une diminution des demandes de renseignements concernant l’émigration. En revanche, le nombre de demandes au sujet d’emplois à l'étranger reste stable», explique Nicole Töpperwien, directrice de Soliswiss.

L’impatience gagne du terrain

De son côté, l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE) rapporte qu'elle n'a pas connaissance de cas de citoyens suisses qui n'ont pas pu émigrer en raison de la crise de coronavirus. «Cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas. Mais les citoyens suisses qui émigrent nous contactent souvent plusieurs mois à l'avance», écrit l'OSE. Cependant, les personnes qui sont prêtes à partir ne le signaleraient pas nécessairement si elles mettaient leur projet en attente.

Jasmin Vögtli et sa sœur n'ont pas d'autre choix que de prendre leur mal en patience. «Les gens se sont déjà habitués au fait que nous sommes toujours là.» Entre-temps, elles aussi se sont fait une raison, même si l'impatience les gagne chaque jour un peu plus.

L'émission de télévision suisse «Bye bye la Suisse» («Auf und Davon» à la télévision alémanique SRF) est également touchée par la crise de coronavirus. Bien que SRF ait accompagné les protagonistes de la dernière saison avant le début de la pandémie, elle n'a pas pu leur rendre visite au cours des derniers mois. Et ces derniers se trouvent confrontés à de nombreux défis qui rendent difficile la mise en œuvre de leurs projets à l'étranger.

Avec l'assouplissement des mesures en vue, l'équipe de «Bye bye la Suisse» est confiante de pouvoir de nouveau bientôt voyager et reprendre les tournages.

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