L’Italie saisit du gel désinfectant à destination de la Suisse

Contrôle d'un camion par les douaniers italiens (images d'archives). Keystone / Jean-christophe Bott

L’Italie bloque une livraison et confisque des produits désinfectants en route vers la Suisse. L’association suisse des transports routiers (ASTAG) parle de «vol d’État». Selon son président Adrian Amstutz, le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis est intervenu en Italie.

Ce contenu a été publié le 07 avril 2020 - 14:04

La société Victory Switzerland importe des articles du monde entier. Depuis la semaine dernière, l'Italie bloque à la frontière italo-suisse, à Domodossola, un camion contenant des produits que l'importateur a achetés à l'étranger. Il s'agit d'un gel désinfectant pour les mains, indique son directeur Daniel Gerber. Les douanes italiennes ont confisqué la cargaison et les produits devraient visiblement être livrés à la protection civile de Domodossola plutôt qu'en Suisse.

Pour la protection civile italienne

Les douanes italiennes justifient la saisie du gel de désinfection des mains par un décret spécial relatif à l’urgence sanitaire liée au coronavirus. Selon le document que les douaniers ont remis aux transporteurs, les marchandises seront livrées à la Protection civile basée à Domodossola, qui les distribuera aux hôpitaux et aux municipalités en fonction des besoins.

(Source: tvsvizzera.it)

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Victory Switzerland avait commandé ces produits auprès de la société allemande Gifts & Beauty Handels GmbH à Herdecke pour plus de 30’000 francs et les avait payés il y a déjà trois semaines. Cependant, le gel désinfectant est fabriqué en Italie.

Selon les autorités italiennes, les producteurs ou les vendeurs des produits saisis seraient indemnisés. Daniel Gerber espère récupérer le montant auprès de la société allemande. Cependant, le directeur indique qu'il devra payer les coûts du transport non effectué et le manque à gagner.

Déjà au début du mois de mars, Victory avait eu le même problème à Hambourg. À l'époque, les autorités allemandes avaient retenu 314’000 masques de protection en provenance de Chine, qui étaient en route vers la Suisse. Mais à la suite d’une intervention suisse, le gouvernement allemand avait libéré la cargaison au bout de deux jours.

Enjeu prioritaire

Du côté de l’association suisse des transports routiers (ASTAG), le problème avec l’Italie est devenu un enjeu prioritaire. Son président central, Adrian Amstutz, ancien chef du groupe parlementaire de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice), est intervenu personnellement en faveur des entreprises suisses concernées et a utilisé sa ligne directe avec le Palais fédéral.

Au Palais fédéral, c’est le «ministre des Affaires étrangères de langue italienne Ignazio Cassis qui est désormais en charge de cette affaire», a précisé Adrian Amstutz.

Ce dernier est scandalisé par la «saisie autoritaire de produits médicaux commandés et payés en Suisse» par notre pays voisin. «Il s'agit d'un vol d'État», juge le président de l'ASTAG, qui profite de l'occasion pour dénoncer les accords bilatéraux conclus entre la Suisse et l'Union européenne.

«On voit la valeur réelle de ces accords tellement vantés avec l'UE. Ils sont comme des accords de Schengen-Dublin, des constructions faites pour beau temps, mais qui ne fonctionnent pas quand survient une crise», dénonce Adrian Amstutz.

Bien entendu, les transporteurs souhaitent que les frontières soient aussi ouvertes que possible au trafic de marchandises. Mais pour cela, il faut que les pays concernés se parlent directement - comme cela devient le cas – et non via Bruxelles, estime le président de l’ASTAG.

Le ministre de l'Economie Guy Parmelin, du même parti qu’Adrian Amstutz, n'est pas du même avis. «Après plusieurs contacts avec le commissaire européen au commerce Phil Hogan, nous sommes à un tournant», écrit le conseiller fédéral dans un tweet. Bruxelles dit aux pays de l'UE de ne plus bloquer l'exportation d'équipements de protection vers la Suisse et l'AELE.

Contenu externe

En contact avec les autorités italiennes

Le Secrétariat d’État à l'économie (SECO) confirme avoir connaissance du cas mentionné et être en contact avec les autorités compétentes en Italie.

Quant à la question de savoir pourquoi l'Italie ne respecte pas la levée des restrictions d'approvisionnement de l'UE dans ce cas, le SECO indique être en contact avec les sociétés d'importation concernées. «Les réactions de ces entreprises suggèrent que la réglementation européenne est correctement appliquée et que la majorité des problèmes ont été résolus», souligne l’organisme

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