UBS fait de l'ordre mais perd encore 358 millions

Le ciel n'est pas prêt de se dégager pour le 2e semestre 2008. Keystone

Le président Peter Kurer a annoncé la scission du numéro un bancaire suisse en trois unités autonomes, sonnant le glas du modèle de banque intégrée cher à son prédécesseur Marcel Ospel. Bruno Gehrig, président de Swiss Life, entre au conseil d'administration.

Ce contenu a été publié le 12 août 2008 - 12:39

Au 2e trimestre, UBS a essuyé une perte nette de 358 millions de francs, contre un bénéfice net record de 5,55 milliards au terme de la même période de 2007. Sur l'ensemble du 1er semestre 2008, la perte se monte à 11,89 milliards, après 8,58 milliards.

La performance est affectée par des pertes réalisées et non réalisées de 5,1 milliards de dollars (5,5 milliards de francs) sur des positions héritées du passé, en lien pour l'essentiel avec l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis et d'autres positions de crédit. Ce qui porte le total des dépréciations à 42,5 milliards.

UBS a subi des sorties nettes d'argent frais de 17,3 milliards de francs durant la période sous revue dans la seule gestion de fortune. Ses affaires en Suisse ont enregistré le départ de 2 milliards supplémentaires et celles de gestion institutionnelle de 24,5 milliards.

Pas d'amélioration en vue

Engluée dans la crise du crédit hypothécaire, UBS est également impliquée jusqu'au cou dans les litiges provoqués par les obligations ARS («auction rate securities») aux Etats-Unis. Dans cette perspective, elle a également dû constituer une provision de 900 millions de dollars.

«UBS ne prévoit pour le second semestre pas d'amélioration des tendances économiques actuelles et de la mauvaise orientation des marchés financiers qui ont affecté les résultats du 2e trimestre», écrit l'établissement. Ce dernier va donc continuer de réduire ses coûts et concentrer ses risques.

Les charges d'exploitation ont diminué de 18% sur un an, à 8,11 milliards de francs. Les réductions d'effectifs vont se poursuivre, en conformité avec le plan dévoilé en mai portant sur 5500 suppressions d'emplois, dont 1500 en Suisse.

Nouveau modèle économique

La grande banque va par ailleurs se scinder en trois unités autonomes (gestion de fortune, banque d'investissement et asset management), dotées d'un pouvoir et d'une responsabilité accrus. La mesure, qui sonne le glas du fameux modèle de banque intégrée portant la marque de Marcel Ospel, vise à donner davantage de souplesse.

Ce changement de modèle économique s'appuie sur un programme en sept axes, dont la réalisation devrait être sous toit d'ici la fin 2009. Aucune cession d'activité n'est envisagée (certains évoquaient une vente de la banque d'affaires), mais plutôt des collaborations, coentreprises et autres partenariats.

UBS a profité de la publication de ses comptes pour dévoiler son choix quant aux quatre nouveaux administrateurs qu'elle proposera à l'assemblée générale extraordinaire du 2 octobre. Parmi eux figure Bruno Gehrig, président de l'assureur Swiss Life.

Ceci constitue à n'en pas douter un gage de confiance. Considéré comme une pointure, cet ancien vice-président de la BNS apporte son expérience de la banque et des marchés financiers.

swissinfo et les agences

Annus horribilis

Résultat de la fusion en 1997 entre la Société de Banque Suisse (SBS) et l'Union de Banque Suisse, UBS est la plus grosse banque helvétique et la 10e mondiale.

Ebranlée par la crise des «subprime» aux Etats-Unis, la banque annonce en octobre 2007 la suppression de 1500 emplois dans sa division d'investissement.

Fin octobre, elle révèle une 1re perte de 726 millions de francs et un correctif de 4,2 milliards dus à la crise du «subprime».

En décembre, une dépréciation supplémentaire de 10 milliards de francs est annoncée, en même temps qu'une recapitalisation à hauteur de 13 milliards grâce à un fonds d'investissement singapourien.

En avril, les dépréciations totales d'actifs se chiffrent désormais à plus de 40 milliards de francs. La banque propose à ses actionnaires une seconde recapitalisation de 15 milliards. Le président d'UBS Marcel Ospel est remplacé par Peter Kurer.

Au 2e trimestre, UBS affiche une perte de 358 millions de francs, contre un bénéfice net record de 5,55 milliards au terme de la même période de 2007.

Entre fin mars et fin juin, le nombre d'emplois a été réduit de 2387 à 81'452.

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Plus de 400 milliards de dollars en dépréciations

1. Citigroup: 57,5 milliards
2. Merrill Lynch: 46,8
3. UBS: 41,8
4. HSBC: 18,7
5. AIG: 16,8
6. RBS: 16,5
7. Bank of America: 15,3
8. IKB:14,7
9. Fannie Mae: 12,7
10. Morgan Stanley: 11,7
17. Credit Suisse: 8,1
35. Swiss Re 1,8

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