Un scrutin sans passion

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Les Suisses votent dimanche sur l'attribution des revenus de la vente de l'or excédentaire de la BNS et sur la libéralisation du marché de l'électricité.

Ce contenu a été publié le 21 septembre 2002 - 18:08

Deux sujets sensibles. Mais très complexes. Et qui n'ont donc pas vraiment suscité les passions.

Le débat sur l'avenir des 1300 tonnes d'or excédentaire de la Banque nationale suisse (BNS) n'a malheureusement pas permis d'aborder la réelle dimension de la Fondation Suisse solidaire.

Un projet de fondation qui porte encore les stigmates de sa naissance, en 1997, à l'époque où la Suisse était empêtrée dans le douloureux dossier des fonds juifs en déshérence.

Certes, les sondages montrent que les chances de succès de l'initiative de l'Union démocratique du centre (UDC) sont pratiquement nulles (ce texte prévoit que tout l'or excédentaire serve à «consolider» l'assurance vieillesse et survivants).

Mais le contre-projet du gouvernement - qui prévoit de partager équitablement le revenu de cet excédent d'or entre l'AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire - ne suscite pas non plus l'enthousiasme.

Un double «non» risque donc bien de sortir des urnes. Ce qui obligerait la classe politique à remettre tout l'ouvrage sur le métier.

«Laissez parler le cœur»

Cette question de l'or excédentaire manque singulièrement d'émotion.

Le quotidien populaire Blick a bien cherché à relater l'émoi du président de la Confédération Kaspar Villiger, très impliqué en faveur du contre-projet.

«Laissez parler le cœur», avait alors imprimé le Blick en caractères énormes, en citant le président de la confédération.

Pour le journal populaire, Kaspar Villiger ne s'était jusqu'alors jamais exprimé d'une manière aussi remplie d'émotion durant la campagne.

Mais d'aucuns ont aussi vu dans cette opération un signe annonciateur d'un double «non».

L'électricité, un thème trop technique

La campagne sur la nouvelle loi permettant l'ouverture progressive du marché de l'électricité n'a pas permis au citoyen moyen de se faire une opinion personnelle, tant le thème était complexe et technique.

Le débat a été confus. Ainsi, parfois, les exemples avancés par certains pour s'opposer à la libéralisation étaient repris par d'autres pour démontrer la justesse de leur propre argumentation.

Et la désunion du camp rose-vert, en principe opposé aux libéralisations, a encore renforcé cette confusion.

Estimant que la loi a au moins l'avantage de permettre une ouverture contrôlée du marché, une partie des écologistes et des socialistes n'ont pas hésité à faire alliance avec le camp bourgeois.

Les organisations de protection des consommateurs ont, eux aussi, eu une attitude ambiguë.

D'une part, elles approuvent cette loi susceptible d'introduire une certaine transparence dans un secteur très opaque. Mais, d'autre part, elles doutent que la libéralisation du marché entraîne une baisse des prix pour les consommateurs.

Affrontement idéologique

Pourtant au centre des précédentes campagnes relatives à l'électricité, le thème des économies d'énergie a été passé sous silence. Finalement, on a plutôt assisté à un affrontement idéologique entre les partis.

Un affrontement avec, d'un côté, ceux qui veulent la libéralisation d'un marché suisse déjà très ouvert sur le reste de l'Europe et, de l'autre, ceux qui ne font pas confiance aux gardes-fous proposés par la nouvelle loi et qui y voient surtout un nouveau pas vers le démantèlement du service public.

swissinfo/Mariano Masserini

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