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Affaire Salinas: Genève essuie les pots cassés

Carla Del Ponte n'avait pas accumulé assez de preuves dans le dossier Salinas. Keystone

L'ancien procureur de la Confédération Carla del Ponte avait bâti une partie de sa réputation sur le dossier Raul Salinas, une grosse affaire de blanchiment. Faute de preuves, un juge genevois doit aujourd'hui reprendre l'enquête.

Soupçonné d’avoir blanchi au moins 100 millions de dollars en Suisse, Raul Salinas n’est vraisemblablement pas un honnête homme. D’ailleurs, le frère de l’ancien président du Mexique purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour complicité de meurtre.

Par ailleurs, d’aucuns, à commencer par certains magistrats suisses, se demandent comment un simple fonctionnaire peut posséder 123 biens immobiliers et 289 comptes bancaires, dont 15 en Suisse.

Seulement voilà, dans les affaires criminelles, les soupçons ne suffisent pas. En 1995, Carla Del Ponte lui avait bloqué 100 millions de dollars en Suisse. Et elle avait emprisonné pendant un mois son épouse, Paulina Castanon.

Lors d’une conférence de presse, en octobre 1998, l’Office fédéral de la police avançait même que «Raul Salinas a probablement engrangé, de 1985 à 1995, 500 millions de dollars pour la protection du trafic de stupéfiants organisé au Mexique».

Mais des accusations aussi graves doivent être solidement étayées par des preuves. Or, selon des informations obtenues par swissinfo, l’enquête ne reposerait que sur des déclarations de témoins aux Etats-Unis et au Mexique.

Résultat? La Suisse risque d’être contrainte de rendre l’argent, de faire des excuses à Raul Salinas, voire de lui verser des indemnités pour avoir séquestré 100 millions de dollars depuis cinq ans.

C’est le juge d’instruction Paul Perraudin, déjà en charge de l’affaire Elf, qui va devoir procéder à un complément d’enquête. Il devra aller très vite. L’affaire Salinas, qui occupe 300 classeurs fédéraux, approche en effet du délai de prescription. Or, le magistrat genevois doit encore adresser de nouvelles demandes d’entraide judiciaire au Mexique, les recevoir et les traiter.

Les autorités judiciaires genevoises avaient déjà prévenu Carla Del Ponte qu’elle n’avait pas la compétence pour procéder à la saisie des 100 millions de dollars en question. Seule la justice d’un canton est habilitée à le faire.
De plus, la Confédération a déjà versé 35 000 francs de dédommagement à l’épouse de Raul Salinas pour son mois de détention. Contrairement aux affirmations de la bouillante Carla Del Ponte, Paulina Castanon n’était pas venue à Genève retirer de l’argent, mais un faux passeport déposé dans un coffre par son époux.

Ian Hamel

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