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Contrat avec Novartis: sous la pression, le Brésil fait machine arrière

Un accord qui devrait mettre un terme aux accusations de pillage de l'Amazonie. AP Photo / handout / Greenpeace / Rodrigo Baleia

Le gouvernement brésilien a procédé à la révision d'un contrat passé avec la multinationale Novartis. Des limites à l'exploitation de la biodiversité de la forêt amazonienne ont été fixées. L'occasion également de combler un vide juridique.

En signant un accord avec Bio Amazonia en mai dernier, Otto Kneubühler croyait avoir fait une bonne affaire. Bio Amazonia est en effet une association para-gouvernementale chargée de la protection de la biodiversité, et le président de Novartis au Brésil avait obtenu d’elle le droit d’effectuer des recherches dans la plus grande réserve biologique du monde. Novartis pourrait ainsi breveter les éventuelles découvertes et encaisser une bonne partie des royalties. En échange, l’entreprise s’engageait à verser des fonds pour financer la recherche locale.

Mais les clauses du contrat ont attiré l’attention de l’opinion publique, sensible à la protection des richesses naturelles. Et le gouvernement, qui ne veut pas se voir accusé d’ouvrir la voie à la biopiraterie, a finalement exigé la révision d’un contrat qui avait été négocié dans la plus grande discrétion.

Dans la nouvelle version qui vient d’être rendue publique, l’envoi en Suisse de souches extraites de l’Amazonie ne sera permis qu’après examen par des laboratoires brésiliens. La répartition d’éventuels bénéfices devra également être stipulée au cas par cas.

En l’absence de législation précise en matière de biodiversité, cet accord fera jurisprudence. Ce qui devrait mettre un terme aux fréquentes accusations de pillage des ressources naturelles de l’Amazonie portées contre des laboratoires étrangers.

Aujourd’hui, Otto Kneubühler affirme que la page est tournée et s’abstient de tout commentaire. Mais la bonne affaire semble bien avoir tourné court.

Thierry Ogier, Sao Paulo

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