De jeunes Suisses tiennent le trafic d’ecstasy
Un rapport de l'Office fédéral de police (OFP) montre que 70 pour cent du commerce de l'ecstasy, une drogue synthétique, est entre des mains helvétiques. Il s'inquiète également de l'augmentation de la prostitution illégale.
Les dealers d’ecstasy ont une autre particularité par rapport aux trafiquants d’héroïne et de cocaïne: ils sont très jeunes. 50 pour cent des trafiquants arrêtés l’année dernière avaient en effet entre 19 et 24 ans. Selon le rapport de l’OFP, ce commerce est attractif et lucratif.
Les produits qui entrent dans la composition de cette drogue sont en effet disponibles partout dans le monde, ce qui diminue les transports, et donc les coûts. Ainsi, certains amateurs improvisent leurs laboratoires dans leur propre domicile. Alors que la plupart des pays européens durcissent les peines encourues pour ce trafic, la Suisse a une pratique libérale.
Les choses sont différentes pour la prostitution, dont l’augmentation inquiète l’OFP: on en dénombre quelque 14 000 dans toute la Suisse. Une diminution de la prostitution légale a été constatée, au profit des activités d’organisations criminelles étrangères.
Ce glissement dans l’illégalité entraîne une lutte pour le contrôle des lieux de prostitution, et du marché dans son ensemble. Une nouveauté particulièrement néfaste pour les prostituées toxicomanes qui, en manque, offrent leurs services pour des sommes dérisoires, dès vingt francs.
Ces organisations criminelles semblent utiliser les cabarets pour mettre légalement un pied en Suisse. Elles peuvent ensuite étendre leurs activités dans le domaine des trafics de drogue ou d’armes, et celui de la traite des êtres humains. L’OFP cite ainsi l’exemple de Russes, envoyées dans des cabarets uniquement pour se marier et obtenir un permis de séjour. Elles peuvent ensuite accueillir leurs compatriotes, dont l’entrée en Suisse est soumise à l’obtention d’un visa.
L’OFP a également constaté que la prostitution s’adaptait à la société. Ainsi, des maisons closes ont été installées dans les Tre Valli, en prévision de l’ouverture des grands chantiers des transversales alpines. On en a également découvert dans la région de Bienne et le Seeland, en prévision d’Expo 02.
Caroline Zuercher
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.