Des architectes suisses décrochent Pékin 2008
C'est le bureau d'architectes suisse Burckhardt & Partner qui construira le Centre culturel et sportif Wukesonk, pour les Jeux Olympiques de 2008 à Pékin.
Natalie Plagaro-Cowee, directrice du projet, détaille ce futur géant.
Le champagne a été débouché mardi à midi, suite à un téléphone positif de l’ambassadeur de Suisse en Chine. Mais c’est mercredi que le bureau zurichois a annoncé sa victoire à la presse.
Ce sont les architectes Heinz Moser et Roger Nussbaumer, du bureau Burckhardt & Partner, dont le siège principal est à Bâle, qui s’attèleront à ce site et à sa clé de voûte, un immense bâtiment, splendide parallélépipède de verre (130 x 130 x 70 m). Une des façades extérieures sera le plus grand écran au monde (130 x 40 m).
Le site en lui-même, l’un des deux où se dérouleront les JO de Pékin, est une surface carrée de 700 mètres de côté. Il est situé aux abords de l’avenue Chang’an, qui traverse la ville d’est en ouest,
On y trouvera différents stades (baseball, football etc) et ce fameux bâtiment. Lequel inclura, dans sa partie inférieure, un stade de basket-ball, et, dans sa partie supérieure, une zone destinée aux commerces et aux loisirs.
Nous ne dirons pas «monolithe», terme désormais phagocyté par Jean Nouvel. «Je vous remercie de ne pas utiliser ce mot», dit Natalie Plagaro-Cowee en riant. Laquelle, tout en admettant que la notion d’influence existe, affirme que «là, ça n’était pas le cas!»
Bâtir pour le futur
Trente bureaux d’architectes ont participé au concours, lancé il y a environ deux mois par les autorités chinoises. Jusqu’à mardi, aux côtés du bureau bâlois restait en lice un concurrent américain, Sasaki de San Francisco. Qu’est-ce qui a fait la différence?
«Ils ont déjà gagné le concours pour l’autre site», répond Natalie Plagaro-Cowee. Pour celui de Wukesonk, ils présentaient un projet assez discret.»
Or la survivance du bâtiment en tant que symbole pékinois est importante. Car à la différence de l’éphémère Expo.02, ce nouveau bâtiment est appelé à rester comme un des lieux clés de la capitale chinoise, un signe fort.
«Mais je pense que ce qui a le plus attiré l’attention sur notre projet, c’est la réponse au concept général qui était lié au concours» conclut la directrice du projet.
Trois mots d’ordre
Les JO de Pékin seront en effet construits sur un concept en trois points: «Des jeux verts et technologiques pour le peuple». Autrement dit, un rendez-vous qui se veut populaire, Hi-Tech et vert.
Populaire? L’écran géant répond à cette contrainte, comme l’explique la directrice du projet: «Il permettra aux gens de voir ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment, mais aussi ce qui se passe dans l’autre grand site de la ville». Et accessoirement de mettre en valeur les sponsors.
Hi-Tech? «C’est l’écran lui-même. Et la technologie employée pour la partie haute du bâtiment. Une structure métallique avec des hyperboloïdes qui tient la toiture du stade et toute la partie loisirs».
Vert? «Pour l’ensemble du site, nous ne voulions pas de verdure décorative. Donc au lieu d’avoir des fleurs et des arbres, on aura des tomates et des laitues… Tout le site est un grand jardin potager!»
Un jardin potager dont l’agencement sera encore défini en fonction des structures olympiques. «C’est une façon d’illustrer l’art de vivre, la pratique du sport et le fait de manger de façon saine», commente Natalie Plagaro-Cowee.
«Du pain et des jeux», disait-on à Rome. Comme quoi, pour gagner un concours, mieux vaut relire les Anciens. Mais en adaptant la formule: un parallélépipède plutôt qu’une pyramide, et à l’heure du bio, des tomates et des laitues pour remplacer le pain.
swissinfo/Bernard Léchot
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