Election de deux juges fédéraux: le parlement inflige un camouflet à l’UDC
L´Assemblée fédérale n'a pas suivi les recommandations de l'UDC pour l´élection d'un juge au Tribunal fédéral. Elle a même choisi un écologiste comme juge suppléant. Christoph Blocher fustige une méthode «marxiste».
La pilule a été amère pour l’UDC mercredi au Parlement. Ses deux candidats, un Zurichois et un Valaisan, n’ont pas passé la rampe. Plus en raison du contexte politique que pour leurs compétences professionnelles. Les parlementaires ont choisi le juge bernois UDC Lorenz Meyer pour succéder à Edwin Weyermann – un autre UDC bernois – démissionnaire après 24 ans passés à la plus haute instance juridique suisse.
Le groupe UDC aux Chambres fédérales, par 32 voix contre 17, lui avait toutefois préféré le Zurichois Reinhold Schätzle. Actuel juge à la 1ère et 3e cour pénale du tribunal cantonal zurichois, ce dernier était le candidat «incontesté» de l’UDC, avait déclaré avant l’élection le chef du groupe parlementaire, le Zurichois Walter Frey.
Walter Frey a balayé les critiques faites à l’égard du candidat officiel de son parti. Reinhold Schätzle, qui s’est présenté à la Constituante zurichoise, a provoqué une polémique en publiant un article marqué à droite. Dans Der Zürcher Bote, l’organe de l’UDC zurichoise, il a écrit un texte intitulé «Protégez-vous le 18 juin 2000». Il y a suggéré que la composante sociale soit gommée dans la future nouvelle Constitution cantonale.
Cet article a été perçu comme étant l’expression d’une erreur politique. L’Assemblée fédérale a préféré élire au poste de juge fédéral Lorenz Meyer, par 134 voix contre 86 à M. Schätzle. Et la désignation d’un juge suppléant a été l’occasion d’une seconde douche froide pour l’UDC. Les parlementaires ont en effet porté leur choix sur le candidat des Verts, l’avocat vaudois Jean-Claude Perroud. Ils l’ont préféré, par 113 voix contre 98, au candidat officiel de l’UDC, le notaire valaisan Yves Donzallaz.
Cette double gifle a provoqué l’ire de Christoph Blocher. Monté à la tribune, le Zurichois, s’adressant au président du groupe socialiste Franco Cavalli, a dénoncé la méthode «marxiste» qui consiste à éliminer les candidats qui n’ont pas la même opinion que soi. La tradition veut que le système proportionnel s’applique lors de l’élection des juges, a-t-il rappelé. Chaque parti a droit à son quota d’élus.
swissinfo avec les agences
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