Enquête en Suisse sur un gros trafic d’armes vers le Kosovo
Le ministère public de la Confédération a transmis à la justice genevoise une enquête concernant un important trafic d´armes à destination du Kosovo. Un Suisse au moins et des sociétés off shore basées à Genève sont impliqués dans cette affaire.
Selon Jürg Blaser, porte parole du Ministère public de la Confédération (MPC), ce trafic d’armes en faveur de l’ancienne Armée de libération du Kosovo (UCK) a été organisé en Suisse. Toujours selon le MPC, il implique de 5 à 10 personnes, plusieurs sociétés de droit suisse basées à Genève et une cargaison d’armes d’une valeur totale de 4,5 millions de francs suisses.
Selon le MPC, au début de l’année dernière, des Albanais du Kosovo domiciliés en Suisse ont contacté un homme d’affaires français et son associé suisse pour qu’ils fournissent des armes à l’UCK. Les deux trafiquants ont ensuite acheté dans un pays d’Europe centrale une première cargaison pour un montant d’un million de francs.
Ces armes devaient officiellement être acheminées vers un Etat africain qui a délivré un certificat de destination final. Le Ministère public tient toutefois à préciser que les autorités de ce pays ne sont vraisemblablement pas impliquées dans ce trafic. Quant aux transactions financières liées à ce trafic, elles ont en partie été effectuées en espèces et en partie via une société off shore basée à Genève.
Le Ministère public affirme avoir découvert l’affaire le mois dernier. Mais Michel-Alexandre Graber, le juge genevois en charge du dossier depuis mardi, précise qu’un premier lot de ce trafic d’armes a été saisi en juillet 1999 dans le port de Dürres par la police albanaise. Le magistrat précise également que ces armes provenaient de Bulgarie.
Cette saisie a donc eu lieu un mois après l’entrée des premiers éléments de la force de paix internationale (KFOR) au Kosovo. Selon le juge genevois, la livraison du matériel de guerre (des armes antichars, des roquettes et des grenades) aurait dû se faire en une fois et plus tôt dans l’année.
Quoi qu’il en soit, l’homme d’affaires français et un Albanais du Kosovo ont été arrêtés en Suisse en juillet dernier. Et il se trouvent toujours en détention préventive.
Frédéric Burnand
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