La domination de Federer atteint des sommets
Archi-favori de l'Open d'Australie, le Bâlois a fait le vide autour de lui. Ses principaux rivaux cherchent la recette pour le faire trébucher.
La cote du numéro un mondial est à ce point élevée que sa suprématie pourrait durer bien plus longtemps que 103 semaines, période depuis laquelle il s’est emparé du pouvoir.
Il ne fallait pas s’attendre le voir souffrir pour son entrée en lice aux Internationaux d’Australie. Roger Federer n’a pas laissé traîner les choses face à l’Ouzbek Denis Istomin, matricule 195 mondial. Trois petits sets (6-2 6-3 6-2) et 83 minutes ont suffi au Bâlois pour procéder à quelques ajustements.
L’essentiel se situe ailleurs. Rarement, voire jamais auparavant, un joueur (si ce n’est Sampras) ne s’était affiché aussi largement favori pour remporter une levée du Grand Chelem.
Dans un milieu masculin où plusieurs champions n’ont cessé de se livrer de rudes batailles ces dernières décennies (Borg-Connors, McEnroe-Lendl, Becker-Edberg, Sampras-Agassi, pour ne citer qu’eux), Roger Federer a fait le vide autour de lui. «Je sais que je suis le favori, le grand favori même à Melbourne, déclare-t-il. Mais cela ne me gêne pas, je parviens à gérer cette situation, qui est quand même enviable.»
Le principal danger qui guette Federer
Alors que le gotha du tennis se retrouve dans le «Down Under», la cote du Bâlois atteint des sommets.
«Il faudrait être fou pour ne pas parier sur lui», clament la plupart des anciens champions. «Le seul qui puisse le battre, c’est lui-même», plaide par exemple Patrick Rafter, l’ancien numéro un mondial australien. «Le principal danger qui guette Federer cette année? A part la lassitude, je ne vois pas très bien», s’interroge Pat Cash, champion de Wimbledon en 1987.
Au sommet de la hiérarchie depuis maintenant 103 semaines, vainqueur de 5 des 8 derniers rendez-vous du Grand Chelem, ayant enlevé 202 de ses 214 derniers matches, Roger Federer a tout des allures d’un ogre.
L’an dernier, il n’a perdu que quatre rencontres (Safin à Melbourne, Gasquet à Monte-Carlo, Nadal à Roland-Garros et Nalbandian au Masters de Shangaï). Un résultat que seul John McEnroe avait légèrement amélioré en 1984 (3 défaites seulement).
Placer très haut la barre
«Je n’ai jamais de problème de motivation, explique le dominateur helvétique. Mon rêve de devenir numéro un mondial s’est concrétisé, j’ai gagné des tournois importants. Quand on a touché à cela, impossible d’être rassasié.»
De quoi envisager l’année 2006 avec optimisme et de placer la barre très haute. «Mon but, c’est de rester tout au sommet et de briller en Grand Chelem, assure Roger Federer. Pour y parvenir, je devrai livrer du très bon tennis.»
Ses principaux concurrents sur le papier
Tout autre résultat qu’une victoire à Melbourne dans une dizaine de jours constituerait une sensation. Son poursuivant immédiat, Rafael Nadal, soigne une blessure au pied. Marat Safin, tenant du titre en Australie, manque lui aussi à l’appel, tout comme le quadruple vainqueur Andre Agassi.
Ses principaux concurrents, sur le papier, sont logiquement Andy Roddick et Lleyton Hewitt, têtes de série numéros 2 et 3. Mais l’Américain a perdu ses 6 dernières batailles contre Federer.
L’Australien détient un bilan encore plus mauvais avec 9 revers de rang. Forcément, un jour, la série prendra fin. Il serait pourtant surprenant que ce soit lors des Internationaux d’Australie.
swissinfo, Jonathan Hirsch
L’Open d’Australie se tient à Melbourne du 16 au 29 janvier.
Le grand Chelem de tennis comprend quatre tournois majeurs: l’Open d’Australie, le tournoi de Roland Garros à Paris, celui de Wimbledon à Londres et l’US Open à New York.
– Roger Federer a facilement passé le cap du premier tour de l’Open d’Australie. Il s’est défait en trois sets et 83 minutes de l’Ouzbek Denis Istomin.
– Roger Federer reste le grandissime favori de la première levée de l’année du Grand Chelem.
– Ses principaux concurrents: Andy Roddick et Lleyton Hewitt. A eux deux, ils totalisent contre lui quinze défaites lors de leurs dernières confrontations.
– Il occupe le premier rang mondial depuis 103 semaines. Il a remporté 5 des 8 derniers tournois Grand Chelems et enlevé 202 de ses 214 derniers matches.
– L’an dernier, il n’a mordu la poussière qu’à quatre reprises, notamment en finale du Masters contre l’Argentin David Nalbandian
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.