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La droite genevoise veut un aéroport à la zurichoise

L'aéroport de Genève pourrait suivre l'exemple de celui de Zurich Keystone

Pour contrer une proposition de gauche, les partis de droite du canton de Genève ont déposé lundi un projet de loi qui vise à transformer l´Aéroport International de Genève (AIG) en une société d´économie mixte, à l´image de l´aéroport de Zurich.

Les partis de droite (libéral, radical et démocrate-chrétien) veulent renforcer l’autonomie de l’aéroport de Genève. La société d’économie mixte qu’ils appellent de leur voeux permettrait à l’Etat de conserver une minorité de blocage (33 à 49 pour cent du capital), mais les actionnaires privés deviendraient majoritaires.

La nouvelle société deviendrait aussi propriétaire des bâtiments et des installations. Elle se verrait également remettre gratuitement les terrains de la zones aéroportuaire pour une durée de 99 ans. La direction de l’aéroport soutient à fond cette proposition de loi, comme le confirme son porte parole Philippe Roy: «Avec ce changement de statut, l’AIG ne ferait que suivre une tendance générale en Europe, comme on le voit à Zurich ou en Angleterre».

Selon la direction de l’aéroport et la droite genevoise, ce changement permettrait de faire face aux investissements futurs. «Actuellement, l’aéroport n’est propriétaire de rien, ni des bâtiments, ni des terrains, précise Philippe Roy, or les banques sont réticentes à prêter de l’argent à une société qui ne possède rien».

La direction de l’AIG évoque la prochaine tranche de travaux qui se monte à 90 millions de francs. Elle signale également l’accroissement du nombre de passagers. Ils étaient 7 millions l’année dernière, un chiffre en augmentation de 10 pour cent depuis le début de l’année et qui devrait continuer de croître dans le futur.

«L’Etat doit conserver une minorité de blocage, plaide Philippe Roy, mais il ne doit pas entraver par des discussion politiciennes la bonne gestion de l’aéroport. L’Etat définit le long terme et le cadre général. L’aéroport, lui, gère le court et moyen terme».

Les auteurs de ce projet de loi répliquent en fait à une proposition de la gauche genevoise (majoritaire au parlement) qui vise à renforcer le contrôle de l’Etat sur l’aéroport de Genève. «Nous voulons clarifier les relations avec la direction de l’aéroport, précise le socialiste Dominique Hausser, que se soit pour les questions de budget, d’objectif ou de privatisation. L’aéroport doit rester un service public et ses bénéfices doivent profiter à l’ensemble des citoyens». Dominique Hausser donne l’exemple des aéroports de Lyon-Satolas ou de Bâle pour démontrer que le contrôle de l’Etat n’empêche pas le développement d’un aéroport.

Mais Philippe Roy rétorque que dans le passé (avant que l’aéroport ne devienne un établissement public autonome en 1994) le contrôle politique de l’aéroport a freiné la simple adaptation de l’aéroport à l’évolution du trafic.

Le débat parlementaire autour des deux projets de lois concurrents promet en tous cas d’être animé, vu la polarisation gauche droite que connaît Genève. Reste à savoir si l’intérêt d’une installation qui concerne une bonne partie de la Suisse romande et des départements français limitrophes sera sauvegardé.

Frédéric Burnand

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