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La Suisse est aussi responsable de l’apartheid

Les effets de l'apartheid pèsent aujourd'hui encore sur l'Afrique du Sud. Keystone

La Suisse doit prendre ses responsabilités face aux victimes de l'apartheid en raison de son soutien à Pretoria, demandent des personnalités dans une lettre ouverte.

Les signataires entendent mettre la pression alors que le gouvernement n’a toujours pas réagi à un rapport qui, il y a un an, faisait la lumière sur les relations entre les deux pays.

Il y a un an exactement que le rapport a été publié. A l’occasion de cet anniversaire, 268 personnalités et 17 organisations ont signé une lettre ouverte adressée au gouvernement suisse.

«La politique et l’économie suisses ont contribué à soutenir le régime d’apartheid», indiquent-elles dans un communiqué. Elles attendent donc du gouvernement qu’il s’excuse et dédommage les victimes.

Leur action entre dans le cadre de la campagne pour l’annulation des dettes et les réparations en Afrique australe. Elle regroupe des acteurs actifs dans les domaines de la politique, de la culture, de la coopération au développement ou encore des Eglises.

Responsabilités de la Suisse

Sous la direction du professeur Georg Kreis, une quarantaine de chercheurs ont collaboré depuis mai 2000 à la rédaction du rapport final du programme national de recherche, PNR 42+. Ils concluent que la Suisse avait soutenu l’apartheid en refusant de se joindre aux sanctions internationales contre l’Afrique du Sud.

A leur publication, ces résultats avaient divisé la classe politique. Le gouvernement ne s’était cependant pas exprimé à ce propos et n’a d’ailleurs toujours pas pris position.

En mars dernier, le gouvernement avait en effet déclaré attendre l’issue de la procédure judiciaire lancée aux Etats-Unis avant de prendre officiellement position sur le rapport.

Plaintes contre les banques

Aux Etats-Unis, 23 entreprises internationales sont actuellement attaquées par des victimes de l’apartheid pour avoir «sciemment soutenu le régime sud-africain». L’UBS et le Credit Suisse figurent sur le banc des accusés.

L’avocat américain Michael Hausfeld, qui avait déjà attaqué les banques suisses au nom des victimes de l’Holocauste, est également présent dans cette affaire. Il reproche à ces entreprises d’avoir financé ou vendu des biens à l’armée et aux forces de sécurité sud-africaines, renforçant et prolongeant ainsi le régime de l’apartheid.

La campagne pour l’annulation des dettes et les réparations en Afrique australe considère que la jurisprudence internationale doit être ici appliquée et des réparations accordées.

Aussi en français

La version en français du rapport sur les relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud devrait être publiée d’ici fin novembre.

La version française sera publiée aux Editions Zoé sous le titre «La Suisse et l’Afrique du Sud, 1948-1994».

swissinfo et les agences

A l’époque de l’apartheid, la Suisse a fait partie des rares pays qui ont à peine ralenti leurs relations avec l’Afrique du Sud. Les relations ont même été très étroites au moment où la répression et les violations des droits de l’homme atteignaient leur point culminant, dans les années 80.

C’est ce que révèlent les études du Programme national de recherche «Les relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud» (PNR 42+). Les chercheurs ont eu accès à des documents retrouvés en Afrique du Sud qui éclairent le chapitre des relations militaires, armées et nucléaires.

Le rapport final aurait dû être publié au printemps 2004. Les travaux furent cependant bloqués lorsque le Conseil fédéral décida, en avril 2003, que certains documents ne seraient pas accessibles aux chercheurs.

Une menace de plainte collective en provenance des Etats-Unis l’avait poussé à cette mesure, pour éviter que les entreprises suisses ne soient désavantagées sur le plan international.

L’objectif du rapport sur les relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud était d’élaborer des bases scientifiques pour juger la politique suisse au temps de l’apartheid (1948-1994).
Lancé en 2000, le projet a coûté 2 millions de francs et comprend 10 études sur des questions économiques, juridiques, politiques et historiques.

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