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Les enfants soldats n’iront plus à la guerre, la Suisse voulait qu’il n’y en ait plus du tout

Les jeunes de 18 ans ne doivent pas être enrôlés dans des conflits armés: c’est la conclusion d’une longue négociation menée à Genève par un groupe de travail de l’ONU. La Suisse en espérait davantage mais se dit satisfaite. C’est un progrès important.

Les jeunes de 18 ans ne doivent pas être enrôlés dans des conflits armés: c’est la conclusion d’une longue négociation menée à Genève par un groupe de travail de l’ONU. La Suisse en espérait davantage mais se dit satisfaite. C’est un progrès important.

Ce groupe de travail planchait sur ce qu’on appelle, dans le jargon des traités, un protocole facultatif. En clair, un texte auquel les États seront libres ou non d’adhérer, qui pourrait compléter la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant.

Actuellement, le droit international permet de recruter et d’envoyer des jeunes au combat dès l’âge de 15 ans. Au vu des drames vécus par des dizaines de milliers d’enfants, de l’Afghanistan à la Colombie, en passant par le Soudan ou la Sierra Leone, cette pratique est aujourd’hui très contestée, notamment par les organisations humanitaires. L’an dernier le Conseil de sécurité de l’ONU lui-même avait condamné fermement cette façon d’envoyer au front des enfants de moins de 18 ans.

Passons sur les péripéties de la négociation. Le texte adopté a encore devant lui un long chemin à suivre avant de trouver force de loi. C’est un compromis qui ne satisfait personne. Mais c’est une avancée dans la bonne direction: plus question d’être enrôlé de force avant d’avoir 18 ans. Par contre, l’âge du recrutement volontaire reste à géométrie variable.

La Suisse s’est prononcée clairement en faveur de la limite d’âge de 18 ans, qu’il s’agisse de recrutement ou de participation à des hostilités, d’enrôlement forcé ou volontaire, de forces gouvernementales ou de milices armées. Dans la négociation, elle s’était également donné comme ligne de conduite la recherche d’une solution en faveur de la protection effective des enfants dans les conflits. Le résultat n’est pas à la hauteur de ses espérances, mais, dans la délégation suisse, on est tout de même satisfait qu’un accord ait pu être trouvé sur ce protocole. Car il ne faut pas non plus perdre de vue que le texte adopté comprend aussi toute une série de dispositions positives en matière de coopération internationale, de mesures de prévention, de réhabilitation et de réinsertion sociale.

Les militants des droits de l’enfant ne savent pas, eux, s’ils doivent applaudir ce premier pas ou dénoncer le manque de courage des gouvernements. Car l’enfant soldat n’est pas qu’un adolescent en uniforme, c’est aussi un gamin qu’on prend comme porteur d’armes, messager ou éclaireur, quand ce n’est pas comme sondeur de mines. Voilà le genre de situations désespérantes qu’aucun texte politiquement correct ne peut prendre en compte. On ne s’étonnera donc pas que d’aucuns le qualifient de moralement hypocrite.

Bernard Weissbrodt

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