Michel Zen-Ruffinen cloué au pilori
La guerre des mots entre les deux Haut-Valaisans fait rage. Sepp Blatter qualifie les attaques de Michel Zen-Ruffinen de «perfides».
Ces dernières semaines, le devant de la scène avait surtout été occupé par Michel Zen-Ruffinen, secrétaire général de la FIFA qui a gravi les marches du pouvoir depuis 1986 avec la bienveillance de Sepp Blatter.
Avant de tourner sa veste il y a un mois, dénonçant d’abord le «système Blatter et ses errances», puis transmettant le 3 mai un rapport explosif aux membres du comité exécutif de la FIFA.
Un véritable acte d’accusation contre Blatter, mis nommément en cause pour avoir pris des décisions «constituant un acte criminel selon le droit pénal suisse.» Le rapport se voulait confidentiel, mais il a été publié dans toute la presse suisse et internationale.
Les pendules à l’heure
«C’est une rupture de confiance au tout premier degré», peste Sepp Blatter. La réaction n’a pas tardé. Michel Zen-Ruffinen n’est pas destitué («je ne donnerai pas ce plaisir à mes adversaires»), mais privé de tous ses pouvoirs financiers, par décret du comité d’urgence de la FIFA.
Au Sonnenberg de Zurich, Sepp Blatter a mis mardi les pendules à l’heure. «M. Zen-Ruffinen a cherché à provoquer un effet de surprise, ce fut réussi. Mais ces reproches sont très graves, surtout que le rapport est truffé de renvois imprécis, de preuves non avérées et d’accusations sans fondement.»
Et le président d’évoquer des méthodes «dignes de l’Inquisition du Moyen-Age» pour lui nuire. «Pendant trois ans, Michel Zen-Ruffinen a collectionné des documents, sans rien dire. Et tout d’un coup, il en fait état juste avant l’élection à la FIFA…»
Une éventuelle légèreté
Le président de la FIFA s’est notamment prononcé sur deux cas particuliers qui lui sont reprochés dans le «rapport Zen-Ruffinen».
Accusé d’avoir payé pendant deux ans le Russe Koloskov, bien qu’il n’était alors pas membre du comité exécutif de la FIFA, Sepp Blatter a reconnu «une éventuelle légèreté dans la forme, pour n’avoir pas alerté la commission des finances, même si ce n’était pas nécessaire».
Mais il confirme avoir rétribué M. Koloskov pour des travaux bel et bien effectués dans l’ex-URSS. «Et c’est Michel Zen-Ruffinen qui a signé les chèques en 1999. Il a donc attendu trois ans avant de me faire des reproches…».
L’affaire Bouchardeau
Sepp Blatter s’est aussi expliqué sur le cas «Lucien Bouchardeau», cet arbitre nigérien à qui il a versé une somme de 25 000 dollars.
«Des témoins peuvent le certifier, c’était de mon compte privé, un geste sentimental pour aider un homme désespéré et brisé par la Confédération africaine de football. Il menaçait de révéler des cas de corruption africaine sur des grandes chaînes internationales.»
Une réponse encore plus détaillée sera fournie ces prochains jours. Afin de ne pas laisser la place à des adversaires aux crocs toujours plus acérés. Le Congrès de Séoul du 29 mai s’annonce décidément comme une âpre bataille.
swissinfo/Jonathan Hirsch
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