Pas de percée dans les négociations sur la Colombie à Genève
Les discussions n´ont pas permis de progrès significatifs, en raison des violentes attaques lancées en Colombie contre les campements de la guérilla. Mercredi toutefois, la guérilla a annoncé la prochaine libération de ses otages.
«La réunion a été très tendue. Elle a failli échouer en raison d’événements extérieurs», a déclaré à l’ATS Jean-Pierre Gontard, conseiller du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour le processus de paix en Colombie. Il estime néanmoins que le processus de négociation a été sauvé, car le dialogue va se poursuivre.
Si le communiqué commun diffusé dans la nuit ne contient aucun calendrier précis sur la réunion d’une Convention de paix, une mission internationale, dont la Suisse fera partie, doit se rendre prochainement en Colombie pour explorer les moyens de progresser.
Demandée par l’Armée de libération nationale (ELN), la création d’une zone démilitarisée de 4700 km2 pour garantir la sécurité de la guérilla n’a pas été avalisée par la réunion. Divers groupes de la société civile représentés à Genève s’y sont opposés.
«La question reste en discussion», a précisé M. Gontard. La guérilla a affirmé à Genève que l’offensive militaire contre ses bases en Colombie, lancée depuis vendredi, avait été possible seulement avec le soutien de l’armée et qu’elle remettait en cause le pacte conclu. Le gouvernement a répliqué qu’aucun soldat ne se trouvait dans la zone.
Il n’est pas question non plus de cessez-le-feu dans le communiqué final qui, de l’aveu même des participants, a été très difficile à rédiger.
La réunion aura été plus positive sur le plan humanitaire. La libération annoncée lundi d’un des otages de l’ELN, capturés lors du détournement d’un avion de l’Avianca le 12 avril 1999, s’est finalement matérialisée mardi par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Mercredi matin, lors d’une réunion de deux heures à Genève, les dirigeants de l’ELN ont rencontré les familles des otages. A la suite de cette rencontre, il a été convenu d’une «solution rapide et heureuse» de ce problème. Le sort des quatre otages de l’Avianca encore aux mains des rebelles et de huit autres otages, capturés sur des bateaux de pêche, serait donc prochainement réglé.
L’absence de l’autre mouvement de guérilla, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), aux négociations de Genève, n’a pas joué de rôle, estime l’expert. La Suisse a réaffirmé sa disponibilité. Elle jugera toutefois au coup par coup de sa participation au processus de paix. Quatre autres pays participent à ce processus: la France, l’Espagne, la Norvège et Cuba.
swissinfo avec les agences
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