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Racisme: Gaston-Armand Amaudruz condamné à 12 mois de prison ferme

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a reconnu le négationniste vaudois Gaston-Armand Amaudruz coupable de discrimination raciale et l'a condamné à un an d'emprisonnement ferme.

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a reconnu le négationniste vaudois Gaston-Armand Amaudruz coupable de discrimination raciale et l’a condamné à un an d’emprisonnement ferme.

Ni applaudissements de satisfaction, ni protestations véhémentes. C’est dans un silence quasi religieux que l’assistance a accueilli, lundi en début de soirée à Lausanne, le verdict condamnant Gaston-Armand Amaudruz.

Le négationniste vaudois a donc écopé de 12 mois de prison ferme. Ses publications incriminées seront confisquées et détruites. Il a également été condamné à verser une indemnité symbolique pour tort moral aux organisations parties civiles. Les frais de justice sont également à sa charge.

La relative sévérité du verdict n’échappe à personne. Puisque, comme l’a dit lundi le président du tribunal, Michel Carrard, cette peine «privative de liberté se situe légèrement en dessous de ce qu’a plaidé le Ministère public».

Mercredi dernier, le procureur vaudois Jean-Marc Schwenter a requis 15 mois ferme contre le révisionniste vaudois, la même peine que celle qui a été infligée en 1999 au révisionniste balois Jürgen Graf. Un souci semble avoir animé le tribunal: éviter de faire de l’octogénaire un exemple ou un martyr.

Reconnu coupable de discrimination raciale, Gaston-Armand Amaudruz était jugé pour avoir publié trois articles litigieux dans son mensuel «Le Courrier du Continent», diffusé à 400 exemplaires, après l’entrée en vigueur de la loi antiraciste, le 1er janvier 1995.

Ces articles sont parus sous les titres «La question juive», «Je ne crois pas aux chambres à gaz» et «Vive le révisionnisme». Gaston-Armand Amaudruz y met en doute l’existence des chambres à gaz. Il nie l’Holocauste et conteste le chiffre de six millions de juifs tués par les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Tout au long de son procès, Gaston-Armand Amaudruz s’est décrit comme n’étant ni fasciste ni nazi, mais «raciste selon la définition du Larousse de 1947». Pour cet octogénaire qui a passé plusieurs décennies de sa vie à promovoir un «nouvel ordre européen», il ne reste que cinq jours pour recourir contre le jugement.

Gaston-Armand Amaudruz a clairement annoncé son intention de s’opposer au verdict. Il s’en expliquera sans doute ce vendredi, lors de la conférence de presse qu’il compte organiser chez lui.

Jugurtha Ait-Ahmed

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