Rapport final sur l’attentat de Louxor: la Suisse n’était pas visée
La Police fédérale a publié vendredi son rapport final sur l’attentat de Louxor. Elle conclut que le massacre ne visait pas directement la Suisse. De son côté, le Ministère public de la Confédération (MPC) suspend l’enquête, faute d’éléments nouveaux.
La Police fédérale a publié vendredi son rapport final sur l’attentat de Louxor. Elle conclut que le massacre ne visait pas directement la Suisse. De son côté, le Ministère public de la Confédération (MPC) suspend l’enquête, faute d’éléments nouveaux.
Le 17 novembre 1997, 6 terroristes lançaient une attaque sur le site du temple d’Hatchepsout, à Louxor en Egypte. L’attentat avait causé la mort de 58 touristes, dont 36 citoyens helvétiques, de 4 gardiens égyptiens et des six terroristes. En outre, 24 autres personnes avaient été blessées, dont 12 Suisses.
Dans son rapport final, la Police fédérale conclut que le fait que la majorité des victimes aient été suisses relève d’un «hasard tragique». La Suisse n’a pas été prise pour cible en tant qu’Etat. Les terroristes avaient pour but de déstabiliser le gouvernement égyptien et de montrer que les mouvements islamistes disposaient toujours d’une force de frappe, malgré des revers subis précédemment.
L’enquête menée par la justice égyptienne a permis d’établir que les terroristes appartenaient vraisemblablement au mouvement islamiste Al Gama’a Al-Islamiyya. Leur intention était de tuer le plus de monde possible, et non de commettre une prise d’otages pour demander la libération du cheikh Omar Abderrahman, détenu aux Etats-Unis suite à l’attentat contre le World Trade Center de New York.
Les attentes des autorités judiciaires suisses n’ont cependant pas été entièrement satisfaites. Les Egyptiens n’ont pas réussi à faire la lumière sur la disparition des objets personnels des victimes. La reconstitution de l’attentat n’a de plus pas été possible, notamment à cause de témoignages souvent contradictoires. Enfin, l’Egypte n’a pas livré à la Suisse tous les éléments relatifs à l’enquête, comme par exemple les expertises des médecins légistes.
Mais la Police fédérale juge qu’il est désormais vain d’attendre de nouveaux éléments. Les circonstances exactes du drame ne pourront pas être davantage clarifiées. Le MPC a donc décidé mercredi dernier de suspendre l’enquête ouverte le 13 octobre 1998. Un mandat d’arrêt international est en revanche maintenu à l’encontre de Moustafa Hamza, instigateur présumé du massacre.
L’Egypte avait renforcé les mesures de sécurité suite au massacre de Louxor. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne déconseille donc plus aujourd’hui les voyages au pays des pharaons, mis à part pour la région de la Moyenne-Egypte. La prudence reste toutefois de rigueur.
Olivier Pauchard
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