Saint-Valentin: pensez à votre propre coeur
La Fondation suisse de cardiologie lance un cri d'alarme: les maladies cardio-vasculaires frappent environ 50'000 personnes par année.
Une campagne de prévention et de dépistage menée par la Fondation apporte des précisions alarmantes. Les deux tiers des 14’000 personnes testées sont à risque.
La Fondation suisse de cardiologie a profité de la Saint-Valentin pour tirer la sonnette d’alarme à propos des maladies cardio-vasculaires. Et ce en remettant un rapport au ministre suisse de la santé.
«Il y a urgence», assure Felix Gutzwiller. Pour le directeur de l’Institut de médecine sociale et préventive de Zurich, les données récoltées lors de la campagne «Rendez-vous du cœur», menée l’an dernier par la Fondation suisse de cardiologie, sont très claires.
La Suisse n’échappe pas à l’épidémie de maladies cardio-vasculaires qui frappe les populations vieillissantes. Parmi les 14’000 volontaires examinés en 2005 dans 32 cités helvétiques, 10’000 présentaient un risque d’infarctus du myocarde ou d’attaque cérébrale.
En Suisse, quelque 50’000 personnes sont victimes d’infarctus du myocarde, d’attaques cérébrales ou d’arrêts circulatoires chaque année. Les maladies cardio-vasculaires sont ainsi la première cause de décès et d’hospitalisation.
Le professeur Felix Gutzwiller ajoute que les accidents circulatoires, qui provoquent près de deux décès sur cinq, vont encore augmenter à l’avenir.
La campagne de dépistage menée l’année dernière a permis de chiffrer précisément l’ampleur du problème. Trois personnes testées sur dix présentent un excès de poids combiné à une hypertension artérielle. Quatre sur dix ont des kilos en trop et des taux excessifs de graisse dans le sang.
Dans la moitié des cas, le taux trop élevé de cholestérol s’allie avec une hypertension artérielle et 6,5 % des personnes examinées ont trop de sucre dans le sang. Pour couronner le tout, les facteurs de risque ne s’additionnent pas mais ont un effet multiplicateur, selon Felix Gutzwiller.
Menace silencieuse
Le parlementaire zurichois souligne également que la menace passe le plus souvent inaperçue, car les personnes à risque ne ressentent rien de particulier.
Le spécialiste reconnaît qu’il faut bien mourir de quelque chose. «Mais on peut ajouter des années à sa vie par des mesures très simples», assure Felix Gutzwiller avant de recommander de prendre soin de son cœur en bougeant plus, en veillant à une alimentation pauvre en graisses et en sucres et en contrôlant, dès l’âge de 50 ans, sa tension artérielle et son taux de cholestérol.
Cela dit, le professeur tient à nuancer son propos. «L’état de santé d’une personne de septante ans est meilleur qu’il y a vingt ans, rappelle Felix Gutzwiller. Le mode de vie et les thérapies font reculer les risques de 1% chaque année pour cette catégorie d’âge. Les accidents vasculaires se déplacent donc vers un âge plus avancé mais leur nombre continue d’augmenter».
Quoi qu’il en soit, la présidente de la Fondation suisse de cardiologie Thérèse Junker a remis les résultats de cette campagne de dépistage (sponsorisée par un grand groupe pharmaceutique) au ministre suisse de la santé Pascal Couchepin.
La réaction de Pascal Couchepin
Le chef du Département fédéral de l’intérieur a, pour sa part, souligné l’importance des mesures de prévention et préciser le rôle du gouvernement. «L’Etat doit coordonner les efforts et soutenir les activités des organisations comme la fondation mais sans se montrer paternaliste », estime Pascal Couchepin.
De fait, la Confédération (gouvernement) avance actuellement 10% du milliard de francs dévolu à la prévention en matière de santé.
Le ministre de la santé a également fustigé le tabagisme comme l’un des plus grands facteurs de risque cardio-vasculaire. Son objectif déclaré est d’abaisser à 20% la part des fumeurs en Suisse. Et ce en augmentant le prix des cigarettes.
swissinfo et les agences
– En Suisse, les maladies cardio-vasculaires prennent l’ampleur d’une épidémie.
– Environ 50’000 personnes par année sont victimes d’un infarctus du myocarde, d’une attaque cérébrale ou un arrêt circulatoire.
– Ces maladies sont la première cause de mortalité, d’hospitalisation et de consultation d’un médecin.
– Elle sont suivies par les cancers et les maladies respiratoires.
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