Sida: les laboratoires pharmaceutiques sous pression
A Durban, en Afrique du Sud, s'est ouverte dimanche la 13ème conférence internationale sur le sida, la première à se tenir en Afrique, le continent le plus touché. Des milliers de manifestants en ont profité pour réclamer des traitements moins onéreux.
La conférence internationale sur le sida, organisée sous l’égide des Nations unies, est sponsorisée par les multinationales du médicament, comme le géant helvétique Roche. Or, pour la première fois depuis treize ans, les firmes pharmaceutiques ont envisagé de revoir leur participation, de crainte que leurs délégués ne soient pris à partie.
C’est que le gouvernement et les activistes sud-africains ont décidé de mettre sous pression les producteurs de médicaments contre le sida. En Afrique, la pandémie prend un tour dramatique, qui menace tous les efforts de développement. Mais les 25 millions de seropositifs africains n’ont aucune chance de survie car le coût des produits antiviraux, comme l’AZT, est exorbitant.
Le président sud-africain, Thabo Mbeki, a pris lui-même la tête de ce combat contre les multinationales, non sans susciter de nombreuses controverses. Il a ainsi été jusqu’à remettre en cause l’efficacité des médicaments antiviraux. Plus grave, il a refuse de donner de l’AZT aux femmes enceintes seropositives, qui permet de réduire de moitié le risque de transmission à l’enfant.
Jeudi, une firme allemande a offert de fournir gratuitement un produit similaire, le Nevirapine. C’est au moins un premier geste important pour que le droit à la vie, face au sida, ne soit plus seulement une affaire d’argent.
Valérie Hirsch, Durban
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