«Témoins de la guerre», dans un pays au bord de l’explosion sociale
Montrer les effets des conflits armés et l’importance du respect du droit humanitaire, c’est le but de «Témoins de la guerre», une exposition que propose le CICR dans le cadre du festival «Suisse 2000 au Brésil», à São Paulo.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le siège est a Genève, tenait à être présent lors de ce festival qui se déroule pendant tout le mois de juin dans la plus grande ville d’Amérique latine. «La guerre est permise, mais on peut en minimiser les effets», explique le représentant du CICR au Brésil, Jean François Olivier.
L’exposition, à voir jusqu’au 17 juin, montre des images insolites, comme celle d’un navire-hôpital allemand photographié à côté d’une gondole à Venise pendant la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que les destructions, les déplacements de population et les mutilations causées par les guerres au Kosovo, au Cambodge ou au Rwanda.
Elle a été montée au Centre culturel Santo Amaro, situé dans un quartier périphérique de la métropole brésilienne. Un lieu fréquenté, en fin de semaine, par de nombreux jeunes. Dans l’espoir de mieux attirer leur attention sur les efforts fournis par le CICR pour contenir les effets de la guerre et porter assistance aux victimes, une vidéo spécialement enregistrée par le célèbre chanteur brésilien Gilberto Gil y est diffusée. Un message de paix, accompagné d’un extrait de la chanson du même nom: «A Paz».
Le Brésil n’a pourtant pas connu de guerre déclarée sur son territoire depuis plusieurs générations. Mais paradoxalement, la violence urbaine fait bien partie du quotidien de la population de São Paulo. Parmi les visiteurs, Lucia, une jeune étudiante d’origine libanaise âgée d’une vingtaine d’années. Les ravages de la guerre au Proche-Orient ne lui sont pas étrangers, mais la violence des grandes villes brésiliennes la rend tout aussi mal à l’aise.
«On a du mal à vivre ici», dit-elle. «On est en train de vivre une guerre sociale. On a peur d’avoir de l’argent sur soi, peur d’avoir une voiture…» Lucia cite de tête des statistiques récemment lues dans la presse locale: au Brésil, un nanti reçoit chaque année des revenus équivalant à ce que gagnent 50 pauvres. D’où les tensions énormes et les risques permanents d’une explosion sociale.
Thierry Ogier
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