Une «fada» de tennis qui monte, les pieds bien sur terre
Numéro deux du tennis féminin suisse, Timea Bacsinszky vient de remporter son premier tournoi au Luxembourg. Mais elle pense déjà à la suite, et au plaisir de jouer.
La joueuse de Belmont-sur-Lausanne, 20 ans, a parcouru du chemin depuis son apparition sur la scène internationale au tournoi de Zurich en 2006.
Persuadée qu’elle ne pourra «jamais» être la prochaine Martine Hingis, elle vient pourtant de réaliser une belle performance en remportant le tournoi WTA de Luxembourg en battant l’Allemande Sabine Lisicki 6-2, 7-5, quatrième victoire de la semaine contre des joueuses mieux classées qu’elle.
Née en Suisse de parents hongrois, Timea Bacsinszky a touché ses premières raquettes de tennis à l’âge de 3 ans.
Classée 48e mondiale en octobre 2008, elle avait rétrogradé au 70e rang, suite à des blessures. Sa victoire à Luxembourg lui permet de remonter au 55e rang, contre un 41e rang pour la numéro un suisse, Patty Schnyder (30 ans).
swissinfo.ch: Une première victoire de tournoi WTA, ça fait quoi?
Timea Bacsinszky: Sur le moment, je n’ai pas bien réalisé! Il a fallu partir immédiatement pour Ortisei, en Italie, pour le prochain tournoi, qui se tient cette semaine et constitue le dernier de l’année pour moi. Je voudrais aussi réussir quelque chose, là-bas. Il est possible que je réalise ce que j’ai fait lorsque je serai de retour en Suisse. Je ferai peut-être une petite fête pour célébrer la victoire!
swissinfo.ch: A Luxembourg, vous avez joué de façon différente ou tout simplement mieux que d’habitude?
T.B.: En fait, quand je suis arrivée, je ne me sentais pas bien. J’étais la dernière dans le tirage au sort. Vendredi, j’ai dû jouer les matches de qualification. Mais une joueuse s’est blessée et j’ai pu entrer dans le tournoi. Mon jeu s’est amélioré de jour en jour et, à la fin, j’ai senti que je pouvais tenir le match. C’était ma première finale et je l’ai jouée pour gagner.
swissinfo.ch: Comment voyez-vous votre progression depuis Zurich, en 2006?
T.B.: Je me suis améliorée, mais j’ai subi de nombreuses blessures, ce qui a ralenti ma progression. Mais depuis Roland Garros cette année, je pense que j’ai tout simplement bien joué, sans blessures, en glanant des résultats. J’ai pu rester constante. J’espère continuer sur cette voie ces prochaines années.
swissinfo.ch: Votre père est coach de tennis et votre mère vous a fait commencer le tennis à l’âge de trois ans. Le tennis, vous l’avez dans le sang?
T.B.: D’une façon ou d’une autre, sûrement. Tout le monde jouait au tennis chez moi. Evidemment, ça aide beaucoup.
swissinfo.ch: Vous avez d’autres centres d’intérêt ou le tennis prend-il tout votre temps?
T.B.: J’aime beaucoup d’autres choses, comme tous les jeunes de 20 ans. J’aime aller au cinéma, sortir avec des amis. Et j’aime tous les sports, par exemple le snowboard, mais je n’ai pas le droit de le pratiquer en raison du risque de blessure.
swissinfo.ch: Avec vos racines et votre maîtrise de cinq langues, vous vous sentez Suisse ou davantage internationale?
T.B.: Je me sens très Suisse. J’ai grandi ici et j’ai toujours vécu ici. Mes amis vivent à Lausanne. En même temps, je me sens très Hongroise car nous parlons hongrois à la maison. Je me sens donc internationale et suis fière de mes racines. Etre Suisse m’a aidée à apprendre d’autres langues, surtout l’allemand et l’italien, et j’espère en apprendre d’autres.
swissinfo.ch: Qui sont vos modèles en tennis?
T.B.: J’ai seulement Monica Seles chez les dames et Roger Federer, bien sûr, chez les hommes. Monica Seles a aussi des racines hongroises. Je l’ai rencontrée à Roland Garros lorsque je jouais en juniors, c’était son dernier rendez-vous à Paris. J’ai beaucoup aimé parler en hongrois avec elle. J’aime son esprit combattif, auquel je m’identifie aussi.
swissinfo.ch: Vous avez déclaré que vous ne serez jamais un Roger Federer ou une Martina Hingis, pourquoi?
T.B.: Nous avons tous notre propre carrière. Je n’aurai jamais le coup de raquette d’Hingis ou de Federer, donc je ne vais pas exiger de moi de devenir numéro 1. Je veux juste rester en bonne santé, continuer à aimer jouer au tennis pendant longtemps et avoir ma propre carrière.
swissinfo.ch: Quels sont vos objectifs pour 2010?
T.B.: Le premier tournoi de l’année sera celui de Brisbane, en janvier. Puis il y aura Sydney et Melbourne. Je vise bien sûr un bon résultat. J’espère que la préparation physique de l’hiver me permettra d’être en forme. Comme dans d’autres domaines, je voudrais continuer à avoir autant de plaisir à jouer qu’aujourd’hui et améliorer mon classement.
Jessica Dacey, swissinfo.ch
(Traduction de l’anglais: Ariane Gigon)
Australian Open: deuxième tour en 2008.
Roland Garros: deuxième tour en 2007, 2008, 2009.
Wimbledon: premier tour en 2007, deuxième tour en 2008 et 2009.
US Open: premier tour en 2007, troisième tour en 2008, deuxième tour en 2009.
Coach: Erfan Djahangiri depuis cinq ans. Précédemment: Heinz Günthardt (longtemps coach de Steffi Graf).
Club: Tennis Club Stade Lausanne.
Tournois préférés: Zurich Open et Roland Garros.
Jeu: droitière.
Statut: professionnelle (depuis octobre 2004).
Goûts culinaires: sushi et cuisine italienne et, de temps en temps, raclette et fondue, bien que «ce ne soit pas la meilleure chose pour un sportif».
Langues parlées: français, allemand, italien, hongrois, anglais.
Ses rêves: «Parvenir au meilleur de mes capacités».
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