Votations: vers deux non et un oui
Appelés aux urnes dimanche, les Suisses auraient massivement refusé la baisse du taux de conversion, selon les projections de l’Institut gfs.bern pour le compte de la SSR. Ils auraient réservé le même sort aux avocats pour les animaux mais auraient accepté l’article sur la recherche.
La baisse du taux de conversion dans le 2ème pilier devrait être refusé par plus de 77% des votants, selon les projections de gfs.bern diffusées par SSR SRG Idée Suisse.
Les résultats provisoires de différents cantons confirment la tendance au rejet massif. Ainsi, Genève dirait non à la LPP à 79,3% après dépouillement de 90% des bulletins, selon le site des autorités cantonales. A Zurich, la baisse des rentes du 2e pilier serait enterrée par 68%. Les résultats intermédiaires donnent une tendance analogue à Bâle-Ville.
La question de savoir quel devait être le montant des rentes futures de la prévoyance professionnelle constituait le principal enjeu des votations de ce dimanche.
Le peuple devait en effet se prononcer sur l’abaissement du taux de conversion des nouvelles rentes de 6,8% à 6,4% en 2016. Ce taux détermine le montant des rentes. Ainsi, avec un taux de 6,8%, un capital de 100’000 francs donne droit à une rente annuelle de 6800 francs. Avec un taux de 6,4%, cette rente n’est plus que de 6400 francs.
En la matière, le peuple n’a donc pas suivi le gouvernement et la majorité bourgeoise du Parlement, qui recommandaient d’accepter cette diminution. Ils estimaient que cette mesure était indispensable en raison de l’allongement de l’espérance de vie et de la faiblesse actuelle des rendements sur les marchés financiers.
Les citoyens ont apparemment privilégié les arguments de la gauche, qui préconisait un refus. Pour elle, il est encore trop tôt pour tirer la sonnette d’alarme, d’autant que le taux de conversion avait déjà été abaissé en 2003. Selon elle, les perspectives démographiques sont sujettes à caution et les rendements des avoirs de la prévoyance professionnelle devraient s’améliorer lorsque la crise économique actuelle se dissipera.
Avocat des animaux
Sur le deuxième thème, une initiative populaire lancée par la Protection suisse des animaux (PSA) demandant l’établissement d’«avocats des animaux» dans les cantons, les projections de l’institut gfs.bern donnent également le non gagnant, le oui n’ayant récolté que 29% des voix.
A Zurich, seul canton suisse à disposer d’un avocat des animaux, l’initiative qui réclamait un système comparable au niveau fédéral, serait ainsi rejetée par 66% des votants.
Les défenseurs de l’initiative argumentaient que l’instauration d’avocats pour les animaux aurait permis d’améliorer l’application de la loi et une diminution des cas de maltraitance de par son effet préventif. Ses détracteurs estimaient en revanche que cette proposition allait trop loin et que le système actuellement en vigueur a déjà permis des améliorations dans le domaine de la protection des animaux.
Un cadre pour la recherche
Enfin, le peuple a apparemment soutenu à une large majorité (77% selon gfs.bern) l’article constitutionnel relatif à la recherche sur l’être humain. Le but est de fournir un cadre général à cette recherche. Pour le moment, le Parlement s’est contenté d’établir des législations sur des problèmes spécifiques, par exemple la recherche sur les cellules souches.
Le débat au Parlement a vu s’affronter ceux qui entendaient avant tout protéger la liberté de la recherche et ceux qui privilégiaient la protection des objets de cette recherche, c’est-à-dire les êtres humains. Au final, l’article que le peuple aurait accepté fait figure de compromis, puisqu’il intègre ces deux éléments.
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