Wimbledon n’est plus un tournoi maudit pour Marc Rosset
Exploit de Marc Rosset qui se qualifie pour les huitièmes de finale de Wimbledon. Il s'est imposé face à l'Allemand Tommy Haas en cinq sets, 6-4 3-6 6-3 3-6 9-7, en 3 heures et 18 minutes. Et son prochain rival ne lui fait pas du tout peur.
Pour la première fois en 11 ans de participation au All England Club londonien, Marc Rosset a passé trois tours et obtenu samedi le droit de revenir en deuxième semaine. A ce jour, son meilleur résultat n’avait jamais dépassé les 16e de finale, en 1990, 1992 et 1996. Mais, contre Tommy Haas (ATP 23), il a sorti le match qu’il fallait et prouvé que ses nerfs pouvaient tenir la distance. «C’est le genre de match qui se décide au mental et sur quelques points seulement», concède le Genevois, qui semble enfin avoir laissé ses réticences pour le gazon aux vestiaires.
La partie fut serrée au possible, Rosset et Haas perdant successivement une fois par set leur mise en jeu, ce qui devait suffir à l’autre pour enlever la manche. Et le dernier set se disputa à couteaux tirés, aucun des deux joueurs ne se ménageant la moindre balle de break, avant le 16e et finalement dernier jeu. Menant 40-30 sur service de l’Allemand, Rosset décroche avec son coup droit un formidable passing-shot qui met définitivement KO son rival. «J’ai tenté ma chance, explique Rosset. Il faut prendre des risques sur herbe, c’est le seul moyen de s’en sortir et d’évacuer la pression».
Sur les 325 points échangés, c’est paradoxalement Tommy Haas qui en a marqué trois de plus que le Suisse (164 contre 161). «Je m’en veux terriblement», analyse l’Allemand, frustré. «Mais affronter Rosset n’est pas facile. Avec son service-volée, il enlève tout rythme à la partie…»
De son côté, le Suisse peut avoir le sourire. Lundi, il se verra offrir une chance peut-être unique dans sa carrière d’aller encore plus loin à Wimbledon. Son adversaire apparaît très largement à sa portée et n’est que le 114e joueur mondial. Son nom: Alexander Popp, un autre Allemand (disposant également d’un passeport britannique), quasi inconnu au bataillon, mais qui s’est distingué en éliminant contre toute attente Gustavo Kuerten en trois sets 7-6 6-2 6-1. Une belle sensation à relativiser en raison de l’état fébrile et grippal du roi brésilien de Roland-Garros. «Popp? Je ne sais presque rien de lui, si ce n’est qu’il sert très bien», souffle Marc Rosset qui aura tout intérêt à ne pas prendre son match à la légère. Une place en quart de finale est en jeu.
Olivier Breisacher, Londres
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