The Swiss voice in the world since 1935

novartis s’installe à cambridge

A Cambridge, on utilise notamment des mouches dans la recherche de nouveaux médicaments. Novartis

Lorsque le géant pharmaceutique suisse a décidé de déménager de Bâle la direction de ses activités de recherche, il a choisi Cambridge, Massachussetts.

Mais si les scientifiques mettent désormais au point de nouveaux médicaments aux Etats-Unis, Novartis n’a pas renoncé pour autant à son centre de recherche en Suisse.

Novartis a trois sites à Cambridge. Mais la vitrine du groupe est une ancienne fabrique de bonbons transformée en centre de recherche. Il est situé juste à côté du dôme bleu du réacteur nucléaire expérimental du fameux MIT, l’Institut de technologie du Massachussetts.

«Il faut admettre que la première fois que nous avons vu ce site, il ne nous a pas convaincu. Mais les architectes ont su résoudre tous les problèmes», déclare Bernard Aebischer, responsable des activités de recherche de Novartis.

L’ancien quai de chargement du bâtiment historique (et protégé) a été transformé en un vaste hall de verre. Accueilli par un fond de musique classique, le visiteur

comprend tout de suite qu’il pénètre dans un lieu dédié à la science, grâce à une série de fenêtres qui lui laissent voir les laboratoires.

Puis il débouche sur un atrium ouvert sur six étages, jusqu’au toit. Chaque étage est doté de cafétérias, lieux de rencontres et d’échanges.

Des espaces conviviaux

«Nous voulions créer des espaces conviviaux où les gens puissent se retrouver en-dehors de leur bureau pour échanger des idées», explique Bernard Aebischer.

A chaque étage, des couloirs mènent aux laboratoires, disposés des deux côtés du bâtiment. Et on a choisi délibérément de les laisser

regarder vers l’extérieur, alors que tous les bureaux donnent sur l’intérieur du bâtiment. Y compris ceux de la direction, ainsi privée de vue.

Quant aux labos, aucun ne ressemble au voisin. Ils sont conçus selon un système modulable, qui permet de les adapter à toutes les exigences possibles. L’un d’eux réunit même tous les chercheurs d’un département dans un vaste espace, où les rangées de comptoirs font penser à l’atelier d’une ancienne usine textile.

Un coup dur pour Bâle?

Au vu du montant investi à Cambridge (que le groupe ne communiquera pas), on pourrait croire qu’en déplaçant la direction

de ses activités de recherche aux Etats-Unis, Novartis s’est détourné de son siège historique de Bâle.

Mais, selon Bernard Aebischer, c’est loin d’être le cas. «Nous avons encore plus de chercheurs qui travaillent en Suisse. C’est pour des raisons stratégiques que nous avons fait de Cambridge notre quartier général», explique le patron de la recherche de Novartis.

On trouve ici des scientifiques de toutes les nationalités. Beaucoup de Suisses également, comme Markus Dobler, chimiste. Après avoir travaillé à Bâle, déménager à Cambridge a réellement changé sa vie.

«C’est un environnement différent, raconte-t-il. La structure que j’ai

rejointe ici n’était de loin pas aussi bien rôdée que celle que j’ai quitté en Suisse. Il a donc fallu en mettre un coup pour assurer une assise solide à nos activités».

Pour Markus Dobler, le grand attrait de ce déménagement était de relever un défi. Aujourd’hui, il compare son nouvel environnement de travail à une start-up, spécialité locale s’il en est.

«C’est très excitant. Beaucoup plus, en fait, que ce à quoi on peut s’attendre dans un grand groupe aussi bien rôdé que peut l’être Novartis», ajoute-t-il.

Pas de problème culturel

Markus Dobler n’est pas devenu américain pour autant. Loin de là. Il

n’hésite pas à clamer son amour pour la Suisse et affirme même que son environnement de travail n’est finalement pas si différent de ce qu’il a connu auparavant.

«A Bâle, j’ai eu la chance de travailler dans un environnement multiculturel. Ici à Cambridge, c’est pareil: nous avons tellement de collègues de pays différents que les cultures nationales passent au second plan».

De plus, l’atmosphère très européenne de la région de Boston amortit considérablement le choc culturel pour les nouveaux arrivants.

L’une des raisons avancées par Novartis pour s’installer à Cambridge était la nécessité de se

rapprocher d’institutions telles que le MIT et l’Université de Harvard. Pour Markus Dobler, dont les équipes collaborent étroitement avec ces centres ainsi qu’avec des start-up, c’est un atout supplémentaire.

Mais le recrutement n’a pas été aussi facile que la direction du groupe l’avait prévu. Des entreprises rivales sont également à l’affût des meilleurs diplômés et d’autres ont même dû renoncer à Boston en raison de cette compétition acharnée.

Régulièrement en quête de nouvelles recrues pour Novartis, Markus Dobler sait bien qu’un beau laboratoire et un joli salaire ne suffisent pas à convaincre les meilleurs cerveaux. Il faut plus.

«Nous devons travailler à fond avec ces gens, dit-il encore. Nous nous assurons toujours que les nouvelles recrues acceptent nos valeurs, comme le partage des connaissances scientifiques, ou la volonté de prendre des responsabilités».

swissinfo, Scott Capper à Cambridge, Massachussetts (Traduction de l’anglais: Isabelle Eichenberger)

Les activités de recherche de Novartis sont réparties dans divers instituts de recherche biomédicale.

La direction de ces instituts se trouve à Cambridge (Massachussetts, USA). Bâle conserve néanmoins un centre important.

D’autres sites importants se trouvent à Horsham (Grande-Bretagne), Vienne (Autriche), Tsukuba (Japon) et East Hanover (New Jersey, USA).

Les activités de recherche de Novartis comptent encore trois autres centres: l’Institut de génomique de la Fondation de recherche de Novartis à La Jolla (Californie, USA), l’Institut des maladies tropicales de Singapour et l’Institut Friedrich Miescher (FMI) à Bâle.

Plus de 1000 scientifiques travaillent pour Novartis à Cambridge, devenu le quartier-général de ses activités de recherche en 2002.
Les secteurs couverts par les recherches de Novartis sont l’immunologie/transplantation, le système cardiovasculaire, le système nerveux, la dermatologie, le système respiratoire et l’oncologie, ainsi que le système musculosquelettique, le diabète et le métabolisme.

Los preferidos del público

Los más discutidos

En cumplimiento de los estándares JTI

Mostrar más: SWI swissinfo.ch, certificado por la JTI

Puede encontrar todos nuestros debates aquí y participar en las discusiones.

Si quiere iniciar una conversación sobre un tema planteado en este artículo o quiere informar de errores factuales, envíenos un correo electrónico a spanish@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - sucursal de la Sociedad Suiza de Radio y Televisión SRG SSR

SWI swissinfo.ch - sucursal de la Sociedad Suiza de Radio y Televisión SRG SSR