80% des décès lors du conflit dus à des maladies
(Keystone-ATS) Londres – Plus de 80% des 300’000 personnes tuées lors du conflit au Darfour ont succombé à des maladies comme la diarrhée, et non à la violence. C’est ce que rapportent vendredi des scientifiques belges.
L’analyse, réalisée depuis le début du conflit entre des groupes rebelles et le gouvernement soudanais en 2003, montre qu’après un pic initial de morts violentes, les maladies sont le principal facteur de décès.
Les chercheurs affirment à la lumière de ces résultats que tout retrait de l’aide humanitaire dans la région provoquerait une augmentation importante du taux de mortalité.
Dans cette étude publiée par le journal médical «Lancet», ils disent «craindre le pire» après l’expulsion l’an dernier de travailleurs humanitaires par les autorités soudanaises.
Les Nations unies estiment que 300’000 personnes ont été tuées et deux millions d’autres chassées de chez elles depuis le déclenchement du conflit.
Le pic de violence de début 2004 a été suivi selon eux par une augmentation des morts provoquées par des maladies au sein d’une population fragile vivant dans des conditions d’insalubrité et n’ayant pas ou peu accès à des infrastructures médicales. La diarrhée tue 1,5 million d’enfants chaque année dans le monde, plus que le sida, la malarie et la rougeole réunis.