La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

«Des liens étroits unissent l’Italie et la Suisse»

De Rome à Londres, en passant par Berne où nous l’avons rencontré. (swissinfo) swissinfo.ch

Après cinq ans passés à Rome, l’ambassadeur suisse Alexis Lautenberg s’envole pour Londres.

Dans l’interview accordée à swissinfo, Alexis Lautenberg, qui a aussi mené les négociations avec l’Union européenne, fait le point sur les relations de la Suisse avec son voisin du Sud.

swissinfo: Ces dernières années, les relations entre la Suisse et l’Italie ont été plutôt tourmentées. Entraide judiciaire, bouclier fiscal, black-out… Comment évaluez-vous l’état des rapports actuels entre les deux pays?

Alexis Lautenberg: Les multiples liens qui unissent les deux pays sont absolument extraordinaires. Cette situation leur confère une grande capacité à gérer les dossiers, même les plus compliqués.

Les rapports entre la Suisse et l’Italie sont excellents. Et c’est grâce à cela qu’il a été possible de régler ces questions difficiles sans provoquer des dommages collatéraux dans les autres secteurs.

swissinfo: Selon vous, comment la Confédération perçoit-elle l’Italie? Certains disent que, contrairement aux autres partenaires européens, le gouvernement suisse ne prend pas son homologue italien très au sérieux…

A.L.: Je conteste fermement cette affirmation. L’Italie est l’un de nos grands voisins. Nous partageons une culture et une langue.

Et n’oublions pas que c’est un partenaire essentiel pour nous au sein de l’Union européenne.

swissinfo: En 2002, le ministre de l’économie italien Giulio Tremonti annonçait la fin du secret bancaire suisse. Aujourd’hui, après son départ et deux amnisties fiscales, faut-il s’attendre à d’autres développements dans le secteur?

A.L.: Les boucliers fiscaux de Giulio Tremonti faisaient partie d’une série de mesures pour relancer une nouvelle politique économique en Italie.

Le premier bouclier a généré d’importantes rentrées financières. Le système bancaire suisse – en particulier celui qui mise sur une clientèle italienne – en a tiré toute une série d’enseignements.

swissinfo: L’année dernière, l’Italie a été plongée dans l’obscurité au mois de septembre. Ce black-out avait créé de nouvelles tensions entre les deux pays. Quelles leçons a-t-on tirées de cet épisode?

A.L.: L’événement du 28 septembre 2003 a eu d’importantes conséquences. Il s’agit probablement d’un des moments les plus difficiles de l’histoire des relations entre les deux pays.

La France a dû reconnaître qu’elle faisait passer plus de courant électrique que ce qui était prévu. La Suisse, elle, a commis des erreurs d’évaluation. Et l’Italie a sans doute réagi un peu tard.

Il ne faut pas oublier que, jusqu’en septembre 2003, la Suisse était le premier exportateur d’énergie vers l’Italie.

Depuis, un travail est accompli sur la libéralisation et la gestion du système. La réforme va dans le sens d’une plus grande eurocompatibilité de la part de la Suisse. C’est essentiel si elle veut maintenir sa position de ‘salle des commandes’ sur le marché de l’électricité.

swissinfo: Autre dossier délicat, le trafic nord-sud. Le système de compte-gouttes au Gothard a suscité la colère des camionneurs italiens. Dans quelle mesure Rome est-elle prête à envisager le transfert de la route au rail, priorité absolue pour la Suisse?

A.L.: En effet, le lobby des poids lourds est extrêmement fort. Le fait de pouvoir bloquer les grands axes lui confère un grand pouvoir, d’autant plus que l’Italie est particulièrement vulnérable sur ce point.

Cela dit, les autorités font beaucoup d’efforts pour développer les infrastructures internes, notamment ferroviaires. Durant ces années passées à Rome, j’ai parcouru le pays et j’ai l’impression qu’un changement de comportement est en cours.

Les acteurs politiques réalisent qu’il n’est pas possible de charger davantage l’axe routier et qu’une solution serait le transfert du trafic vers le rail. Mais il s’agit maintenant de concrétiser le projet. Ce ne sera pas facile de mettre en place les détails.

Interview swissinfo: Mariano Masserini
(Traduction et adaptation de l’italien: Alexandra Richard)

Alexis P.Lautenberg est né en 1945 à Zurich
Depuis 1974, il travaille pour le Département fédéral des Affaires étrangères
De 1993 à 1999, il a été chef de la délégation suisse auprès de l’UE
De 1999 à 2004, il a été ambassadeur de Suisse en Italie

– L’ambassadeur de Suisse en Italie s’apprête à quitter Rome pour Londres.

– Les cinq années passées en Italie n’ont pas été de tout repos. Parmi les dossiers les plus chauds: le black-out du 28 septembre 2003 et la controverse autour de l’entraide judiciaire.

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision