Le Conseil fédéral se donne de bonnes notes
Selon ses estimations, le gouvernement fédéral a atteint 70% de ses objectifs en 2006, soit 10% de mieux que l'année précédente. C'est ce qui ressort de son rapport de gestion.
Cette année, il s’agira de renforcer la croissance structurelle. Dans ce domaine, la Suisse serait à la traîne sur les pays d’Europe et de l’OCDE.
Ces indicateurs annuels de conduite permettent au Conseil fédéral de dresser un état des lieux de la Suisse et de déterminer où des interventions politiques sont nécessaires. Dans son rapport de gestion annuel publié lundi, le gouvernement se dit satisfait mais n’entend pas baisser la garde.
Les principaux défis pour 2007 portent sur le renforcement de la croissance structurelle, l’assainissement des finances, la réforme des assurances sociales et l’environnement. Sur ce dernier point, on trouve la réalisation des objectifs de la loi sur le CO2, et le renforcement des transports publics.
Tassement structurel
L’économie suisse a enregistré l’an dernier une croissance de 2,7%. Le taux de chômage est tombé à 3,1%. Les perspectives sont toutefois assombries par le risque d’un tassement structurel, écrit le gouvernement.
L’offre de travail ne devrait progresser que légèrement en raison du vieillissement de la population. La Suisse reste lanterne rouge de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière d’accroissement de la productivité du travail.
Face à cette situation, le Conseil fédéral entend agir sur trois axes: accroître la prospérité et assurer le développement durable, répondre aux défis posés par l’évolution démographique et renforcer la position de la Suisse dans le monde.
Les dépenses dans le secteur de la recherche et de la formation devront être augmentées. Alors que les experts tablent sur une légère baisse du taux de chômage (2,8% en 2007, 2,6% en 2008), il faudra maintenir la flexibilité du marché de l’emploi.
En revanche, le gouvernement ne s’estime pas obligé d’intervenir pour l’instant pour améliorer la répartition des revenus.
Huit milliards d’économies
Pas question de relâcher l’effort concernant les économies. Une stabilisation de la quote-part de l’Etat (qui devrait passer de 11,3% en 2006 à 11,8% les prochaines années) ne sera possible à l’horizon 2015 qu’en procédant à des allègements budgétaires de l’ordre de 8 milliards, dont 5 milliards dans la sécurité sociale.
Le taux suisse des dépenses sociales dépasse désormais largement la moyenne des 15 premiers Etats membres de l’Union européenne (UE), note le gouvernement. «Cette évolution montre à quel point il est urgent de réformer les assurances sociales.»
Parallèlement, le Conseil fédéral entend réduire la pression fiscale. Il veut alléger l’imposition des familles et des entreprises ainsi que simplifier le calcul et la perception de la TVA. Mais il reconnaît que sa marge de manoeuvre financière sera très étroite.
Taxe sur le CO2
Autre défi à relever: la protection de l’environnement. Une taxe sur le CO2 frappant les combustibles sera probablement introduite en 2009 puis augmentée. Concernant les carburants, l’efficacité du centime climatique sera testée d’ici la fin de l’année. S’il n’a pas l’effet escompté d’ici 2010, une taxe sur le C02 grèvera aussi l’essence.
Il va falloir également réduire au moins de moitié les émissions d’oxyde d’azote et des composés organiques volatiles, polluants dits ‘précurseurs de l’ozone’. Pour maîtriser durablement la hausse continue du trafic, le Conseil fédéral veut accroître la part des transports publics.
La vue d’ensemble de l’évolution des grands projets ferroviaires, attendue cette année, permettra de fixer des priorités. Quant à un transfert durable du trafic marchandises de la route sur le rail, la Suisse ne pourra pas y parvenir seule. Ce défi est l’affaire de tous les pays d’Europe.
Enfin, le gouvernement se félicite de son regain de popularité. Après être tombé à 47,4% en 2004, le taux moyen d’adhésion du peuple au mot d’ordre des autorités lors des votations est remonté à 66,9% l’an dernier.
swissinfo et les agences
Croissance 2006: 2,7% (1,7% en 2007)
Inflation: 1,1% (0,9%)
Chômage: 3,1% (2,8%)
Consommation: 1,5% (1,4%)
Exportations: 9,5% (4,4%)
Renforcement de la croissance structurelle.
Stabilisation de la quote-part de l’Etat.
Politique fiscale: imposition des familles, des entreprises et TVA.
Diminution des émissions de CO2.
Encouragement des transports publics.
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