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Réserves de carburant: la Suisse est un cas à part en Europe

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La Suisse doit-elle apporter son aide au niveau international en cas de pénurie de kérosène? Keystone/Claudio Thoma

En cas de pénurie de carburants et de combustibles, la Suisse dispose de réserves. Théoriquement, elle n’a pas à les partager avec d’autres pays.

Malgré la guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, le diesel et l’essence continuent de couler dans les stations-service en Suisse, et les avions continuent de décoller. La situation est toutefois tendue en ce qui concerne le kérosène.

L’approvisionnement des aéroports suisses est considéré comme assuré jusqu’à fin mai 2026, écrit l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays. En cas de pénuries, la Confédération peut libérer les réserves stockées dans les dépôts obligatoires. C’est le cas pour l’ensemble des combustibles et carburants. Et contrairement aux pays de l’UE, ce qui est stocké dans ces dépôts en Suisse est exclusivement destiné au marché suisse.

Lorsqu’une pénurie de kérosène survient dans un État membre de l’UE, les autres pays membres sont légalement tenus de respecter le principe dit de solidarité énergétique. Ainsi, l’Allemagne, par exemple, devrait venir en aide à un autre pays de l’UE avec du carburant d’aviation allemand.

Pas de solidarité énergétique avec les pays de l’UE

Les réserves de la Suisse, en revanche, sont destinées uniquement au pays, explique Nicole Mathys, cheffe de la section Énergie à l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE). «La Suisse n’est pas membre de l’Union européenne et n’est donc pas liée par le principe de solidarité énergétique», précise-t-elle.

Il existe toutefois une exception. En matière d’approvisionnement en gaz, un accord lie la Suisse, l’Italie et l’Allemagne, explique Nicole Mathys. Si une pénurie de gaz survient dans l’un de ces pays, une demande de solidarité peut être formulée entre eux. « L’objectif est alors d’assurer l’approvisionnement en gaz des clients protégés, par exemple les ménages, les hôpitaux ou les services d’urgence », précise-t-elle.

L'avion est en cours de ravitaillement
Le prix et la disponibilité des combustibles et carburants fossiles sont actuellement au cœur des débats en raison de la guerre en Iran. Keystone/Silvia Schnurrenberger

Ces consommateurs de gaz dits protégés seraient ainsi prioritaires dans l’approvisionnement. En revanche, pour les carburants, contrairement au gaz, il n’existe pas de priorisation. Le fait que la Suisse ne soit pas soumise à un mécanisme de solidarité énergétique ne signifie donc pas qu’elle ne ressentirait pas les effets d’une pénurie de carburant.

Étant donné qu’en cas de pénurie, des carburants comme le kérosène, mais aussi le diesel ou l’essence, seraient mis sur le marché à partir des stocks obligatoires de la Suisse par les canaux habituels, il est possible que des négociants étrangers achètent du carburant, explique Nicole Mathys. « Théoriquement, quelqu’un peut l’acheter ici et le revendre de l’autre côté de la frontière. » Le marché reste donc ouvert.

Les vols de secours peuvent être priorisés

Le Conseil fédéral peut en outre décider de dérogations. « Si, par exemple, le kérosène venait à devenir extrêmement rare, le Conseil fédéral pourrait ordonner que les vols de secours, de lutte contre les incendies ou de recherche bénéficient des livraisons de carburant d’aviation dont ils ont besoin », explique Nicole Mathys. Mais on en est encore très loin à l’heure actuelle.

En raison de la guerre qui se poursuit en Iran, le kérosène se fait rare en Europe. La Suisse constitue des réserves de carburant pour faire face à de telles situations. Un porte-parole de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) a confirmé que ces réserves se situent actuellement en dessous des prescriptions en vigueur. Celles‑ci prévoient que les stocks obligatoires de carburant d’aviation doivent couvrir trois mois, soit 90 jours de la consommation moyenne observée au cours des trois dernières années dans les aéroports suisses (à l’exclusion de Bâle).

Actuellement, la couverture est de 72 jours, « soit environ deux mois et demi », selon l’OFAE. La forte augmentation des ventes de carburant d’aviation depuis la pandémie de Covid‑19 oblige à constituer, avec un décalage dans le temps, d’importantes quantités supplémentaires de kérosène dans les stocks obligatoires.

La quantité de kérosène à stocker est déterminée sur la base de la consommation moyenne. La valeur moyenne actuellement en vigueur pour le volume des stocks obligatoires à constituer repose sur la consommation moyenne des années 2022, 2023 et 2024. Or, depuis 2024 et jusqu’au début du conflit, cette consommation a fortement augmenté. Cela signifie que les stocks doivent être renforcés en plus de l’approvisionnement courant.

Cela pourrait toutefois être retardé en raison de pénuries imminentes ainsi que de fortes fluctuations des prix, poursuit le porte‑parole. De plus, des changements sur le marché du côté des importateurs entraînent des ajustements différés dans le temps. En effet, les nouveaux importateurs disposent normalement de trois ans pour remplir leur part de stocks obligatoires. (ats)

Et l’armée serait exclue de l’ensemble de ces réglementations. Selon l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), l’armée dispose de ses propres stocks de carburant d’aviation. Ce carburant n’est donc pas entreposé dans les stocks obligatoires que la Confédération gère en collaboration avec l’industrie pétrolière suisse.

Texte traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/op

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