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Les banquiers suisses sont sous haute pression

Les banquiers semblent savoir mieux que quiconque que "l'argent ne fait pas le bonheur". Keystone

Les banquiers suisses bénéficient de revenus confortables qui se situent en haut de l’échelle salariale. Mais ils en paient le prix.

Un tiers d’entre eux souffrent du stress. Un quart ont même recours à des antidépresseurs. Et rares sont ceux qui sont satisfaits de leur travail.

Menée par l’Université de Lausanne, cette étude montre que le niveau de stress est bien plus élevé dans le secteur bancaire que dans d’autres industries.

«30% des employés de banque a indiqué avoir vécu un niveau très élevé et continu de stress au cours des dernières années, alors que ce taux atteint 20% dans les autres secteurs», précise Gianfranco Domenighetti, professeur invité de l’Institut d’Economie et de Management de la Santé et responsable de l’étude.

Cette étude – la première du genre, selon son auteur – a comparé la situation de 428 employés de banque dans le canton du Tessin avec celle de 859 employés d’autres secteurs.

Pratiquement les trois quarts des banquiers ont estimé que la pression au travail augmentait. Seulement 50% des employés des autres secteurs sont de cet avis.

Précarité de l’emploi

Gianfranco Domenighetti, qui est également responsable de la santé publique tessinoise, indique que la précarité de l’emploi est l’un des principaux facteurs qui expliquent ce haut niveau de stress dans le secteur bancaire.

Selon l’étude, 40% des employés de banque avouent avoir été très inquiets d’une possible perte d’emploi, contre 26% dans les autres secteurs. Et parmi les employés de banque dont l’entreprise réduisait justement les effectifs, ce taux était de 54%.

Au cours des dernières années, le secteur bancaire en Suisse a connu des bouleversements se traduisant par des résultats financiers modestes et des pertes d’emplois.

Et ce n’est pas terminé. Selon une étude menée par l’Université de St-Gall et citée par Gianfranco Domenighetti, le secteur bancaire devrait encore perdre un tiers de ses collaborateurs au cours des trois prochaines années.

Mauvaise ambiance de travail

Outre la précarité de l’emploi, Gianfranco Domenighetti cite d’autres sources de stress dans le secteur bancaire, notamment la pression d’atteindre les objectifs financiers et une atmosphère de travail tendue.

Seule la moitié des employés de banque qui ont répondu au questionnaire ont indiqué pouvoir compter sur le soutien de leur supérieur direct, contre 72% dans les autres secteurs.

«Ce qui est plus grave, c’est que la moitié seulement des employés de banque déclare pouvoir compter sur le soutien de leurs collègues, alors que ce taux est de 76% dans les autres secteurs», déclare Gianfranco Domenighetti.

Le professeur ajoute par ailleurs que les cas de harcèlement sont trois fois plus fréquents dans le secteur bancaire que dans les autres.

Moral au plus bas



L’étude a également montré que 23% des banquiers se plaignent de dépression. C’est deux fois plus que dans les autres secteurs (11%).

Les employés de banque consultent plus fréquemment un médecin et un quart d’entre eux ont recours à des tranquillisants ou à des antidépresseurs contre un dixième seulement dans les autres secteurs.

Mais la moitié des employés de banque ne suivent pas les prescriptions de leur médecin. Ils ont en effet peur de perdre leur emploi pour cause d’absentéisme ou pour avoir montré de la faiblesse, révèle encore l’étude.

Les auteurs de l’étude lancent donc un appel aux autorités bancaires pour faire en sorte que le travail ne devienne pas une source de «malaise et de marginalisation».

Un cas tragique



Cette enquête intervient après que des voix se sont élevées pour dénoncer les conditions de travail dans le secteur bancaire. En juillet dernier en effet, un employé de banque zurichois avait abattu deux de ses supérieurs avant de se suicider.

L’enquête a montré que cet employé «n’était pas entièrement satisfait de son travail et qu’il existait certaines tensions».

swissinfo

40% des banquiers craignent de perdre leur emploi
30% souffrent du stress
25% sont sous tranquillisants ou antidépresseurs
16% sont satisfaits de leur travail

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