Skyguide veut réduire ses coûts
La société suisse de contrôle aérien veut économiser 15 millions de francs sur trois ans. Le personnel et plusieurs projets seront touchés.
Mais Skyguide, qui avait été blâmée après le crash d’Ueberlingen, assure que la sécurité ne sera pas atteinte.
Le conseil d’administration de Skyguide a approuvé un programme de réduction des coûts de 15 millions sur trois ans, a annoncé dimanche son président Guy Emmenegger dans une interview à la SonntagZeitung.
L’an dernier, la société avait pourtant réalisé un excédent de 14 millions de francs. «L’objectif est d’utiliser cet argent pour faire baisser les taxes (atterrissages, décollages, survols)», justifie Patrick Herr, porte-parole de Skyguide.
Le fantôme d’Ueberlingen
Pour économiser 15 millions de francs, des changements toucheront le personnel qui s’était étoffé de 30 postes l’année dernière. Actuellement, 1296 personnes travaillent pour la société de contrôle aérien.
Après le crash d’Ueberlingen qui avait fait 71 morts en 2002, Skyguide avait pris plusieurs mesures pour améliorer la sécurité. Elle avait notamment engagé du personnel supplémentaire.
Aujourd’hui, elle envisage des licenciements. On peut donc craindre que le niveau de sécurité actuel ne soit plus garanti à l’avenir. «C’est un domaine qu’on ne touchera pas», assure le porte-parole de Skyguide.
«Au contraire, nous investissons, poursuit Patrick Herr. A moyen terme, nous allons même créer des emplois dans le secteur de la sécurité. Bien sûr, personne ne peut garantir une sécurité de 100%. Mais nous avons tiré les leçons d’Ueberlingen.»
Licenciements envisagés
Pour épargner, Skyguide prévoit notamment d’automatiser certaines tâches.
«La fonction des assistants des contrôleurs aériens sera supprimée. Cela pourrait conduire à quelques licenciements», a reconnu le président du conseil d’administration, sans préciser combien de personnes pourraient être touchées.
«La profession d’assistant du contrôleur aérien jouait surtout un rôle de coordination, précise pour sa part le porte-parole. L’automatisation n’aura pas d’influence sur la sécurité. Je dirais même que cette dernière pourrait être améliorée de cette façon.»
Taxes très élevées
Skyguide est détenu à 99% par la Confédération. Sur le papier, la société de contrôle aérien est simplement tenue de maintenir l’équilibre financier. Mais l’exercice n’est pas si facile.
D’autant plus que Skyguide a l’interdiction de constituer des réserves lors des bonnes années. Elle doit en effet restituer les bénéfices à ses clients (les compagnies aériennes).
Skyguide réalise l’essentiel de ses recettes grâce aux taxes de survol et d’atterrissage – parmi les plus élevées d’Europe. La société espère précisément baisser ces taxes, comme le souhaite la Confédération. L’objectif: rendre les aéroports suisses plus attractifs.
Service gratuit
La société suisse est aussi chargée du contrôle aérien des espaces limitrophes de l’Allemagne, l’Autriche, la France et l’Italie. Mais seule la France paie ce service. La SonntagZeitung estime la perte de gains à 36 millions de francs.
«Ce serait merveilleux de pouvoir récupérer cette somme, commente Guy Emmenegger, mais totalement irréaliste.»
swissinfo et les agences
343 millions de francs de chiffre d’affaires en 2003
14,8 millions d’excédent
1300 collaborateurs
Taxes d’atterrissage, de décollage et de survol parmi les plus chères en Europe
Motif: une répartition des prestations de service publique (environ 21 millions) non conforme aux besoins des utilisateurs et la non indemnisation des prestations pour les espaces aériens délégués (environ 35 millions)
– Société anonyme, détenue à 99% par la Confédération, Skyguide est responsable de la sécurité aérienne en Suisse.
– Elle est aussi chargée de contrôler les espaces aériens limitrophes de l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la France. Seule cette dernière paie les prestations.
– Skyguide a l’interdiction de constituer des réserves lors des bonnes années. Elle doit restituer les bénéfices à ses clients (les compagnies aériennes).
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