Un non massif à la caisse unique
Les projections de l'Institut gfs.bern pour le compte de SRG SSR idée suisse laissent prévoir un non massif à la caisse maladie unique. Seuls 28% des votants l'accepteraient.
D’ores et déjà refusée par la majorité des cantons, l’initiative est donc enterrée. Seuls Neuchâtel et le Jura ont dit oui pour l’instant.
Une caisse maladie unique pour tout le pays, en lieu et place des quelque 90 existant actuellement: l’idée semblait pourtant séduisante. Les économies ainsi réalisées sur les frais administratifs et sur la publicité (devenue inutile) auraient permis d’abaisser les primes, clamaient les promoteurs de l’idée.
De plus, les hauts revenus auraient payé davantage que les personnes et les familles plus modestes. Mais durant toute la campagne personne n’a pu dire exactement de combien auraient été ces «plus» et ces «moins». D’où l’inquiétude d’une grande partie des citoyens, qui se demandaient s’ils auraient plus à y perdre qu’à y gagner.
En fait, le sort de l’initiative semblait déjà réglé avant la votation. Selon le dernier sondage de l’Institut gfs.bern, réalisé à fin février sur plus de 1200 personnes, 52% étaient décidées à voter non, 35% à voter oui et 13% étaient encore indécises.
Et les scores définitifs traduiront un rejet encore plus net.
Changement de système
L’initiative proposait un double changement de système: non seulement, on aurait confié la gestion de l’assurance maladie de base à une caisse nationale unique, mais en plus, on aurait fixé les primes en fonction du revenu et de la fortune des assurés.
Selon ses promoteurs, la caisse unique aurait dû permettre d’économiser au moins 300 millions de francs par année. De plus, son instauration aurait mis fin à la concurrence entre les caisses et à la chasse aux assurés qualifiés de «bons risques», soit les hommes jeunes et en bonne santé.
La caisse unique n’aurait toutefois été en charge que de l’assurance obligatoire de base. Les diverses assurances complémentaires seraient restées comme aujourd’hui aux mains de caisses privées.
Bataille de chiffres
Le remplacement des actuelles primes par tête par des primes liées au revenu et à la fortune est certainement le point qui aura fait couler l’initiative. L’essentiel de la campagne a en effet consisté en une bataille de chiffres.
Pour les adversaires de l’initiative, fixer les primes en fonction du revenu et de la fortune équivalait à créer un nouvel impôt. Selon eux, le système actuel d’allègement ou de prise en charge des primes pour les personnes à revenus modestes suffit à rendre l’assurance sociale.
La Suisse alémanique plus sceptique
Les sondages ont montré que l’idée de la caisse unique passait particulièrement mal dans la partie alémanique du pays. Ce que confirment nettement les résultats, avec des refus à plus de 80% dans la plupart des cantons.
En 2003 déjà, une première initiative demandant des primes de maladie en fonction du revenu (mais sans caisse unique) avait été repoussée par 72,8% des votants. Et bien que tous les cantons aient dit non, c’est en Suisse latine que l’on trouvait les plus fortes minorités acceptantes.
swissinfo
L’initiative populaire ‘pour une caisse maladie unique et sociale’ a été déposée en décembre 2004, munie de 111’154 signatures valables.
Elle demandait que l’assurance maladie obligatoire de base soit confiée à une caisse unique nationale, avec des primes fixées en fonction du revenu et de la fortune des assurés.
Le Conseil fédéral (gouvernement) recommandait le rejet de l’initiative. Au vote final du Parlement, elle a récolté 122 non pour 67 oui à la Chambre du peuple et 34 non pour 6 oui à la Chambre des cantons.
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