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A Genève, l’ONU change de patron

Pour Vladimir Petrovsky, Genève joue un rôle sans pareil. Keystone

Au moment même où la Suisse décide de son adhésion à l'ONU, le directeur du Palais des Nations s'en va. Et il ne tarit pas d'éloges pour Genève et la Suisse.

Vladimir Petrovsky vient de passer neuf ans à la tête de l’Office européen des Nations Unies à Genève. Et, si son départ à la retraite intervient au moment où les Suisses se préparent à voter sur l’ONU, ce n’est que pure coïncidence.

Ces jours, il multiplie les séances d’adieux. Et s’il en profite pour vanter les mérites de la Genève internationale, c’est par conviction. Il croit à l’avenir de cette ville. Il s’y est attaché, il y gardera demeure.

Au centre de la sécurité humaine

A l’entendre, Genève joue un rôle sans pareil. L’ONU en a fait un véritable «centre de la sécurité humaine». Entendez que «la sécurité ne consiste pas seulement à se mettre à l’abri de la violence, mais aussi à l’abri de la faim, de la maladie et de l’environnement.» Autant de thématiques régulièrement abordées dans les institutions onusiennes de la place.

Connue pour sa vocation humanitaire, la Genève internationale devient aussi «un pôle pour l’échange intellectuel et le partage du savoir». Vladimir Petrovsky insiste: c’est un endroit où la nouvelle société mondiale s’organise, où la mondialisation peut en quelque sorte s’humaniser.

Il en veut pour preuve la diversité des institutions non étatiques qui s’y sont installées: non seulement d’innombrables ONG, mais aussi la «business community» et l’Union interparlementaire, le Conseil œcuménique des Églises et, peut-être, le futur forum permanent des peuples indigènes.

Synergie, le mot-clé

Vladimir Petrovsky veut continuer à se battre pour la convergence de toutes ces forces présentes à Genève. «Synergie, dit-il, voilà le mot qui explique le mieux comment les nouveaux problèmes du monde doivent être traités aujourd’hui.»

Il essaie d’imaginer aussi comment la Suisse pourrait, elle-même, profiter davantage de toutes ces convergences. Et comment, en sens inverse, ce pays pourrait mieux partager ses valeurs avec la communauté internationale.

Cet ancien diplomate russe, plus que quiconque, est bien conscient des enjeux du vote du 3 mars. Lui, qui se dit très impressionné par l’histoire multiculturelle et démocratique de la Suisse, constate qu’elle repose sur un socle de valeurs morales et que «c’est exactement ce dont les Nations Unies ont besoin.»

Le premier du millénaire

Si dimanche les Suisses disent non, faut-il craindre pour Genève? Vladimir Petrovsky est encore directeur. Sa réponse reste donc diplomatique. Et optimiste. Quoi qu’il en soit, Genève restera une capitale internationale.

Mais mieux vaudrait pour elle que dans l’enceinte du Palais des Nations un drapeau de plus flotte aux côtés des 189 autres. La Suisse serait alors «le premier nouveau membre de l’ONU du troisième millénaire». On note la formule.

Cela dit, un Russe remplacera un Russe. Le successeur de Vladimir Petrovsky s’appelle Sergei Ordzhonikidze. Ce vice-ministre des Affaires étrangères prend ses fonctions vendredi. Et son premier week-end s’annonce déjà comme «une journée particulière».

Bernard Weissbrodt, Genève

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