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A Johannesburg, satisfaction sans euphorie

Joseph Deiss a appelé les leaders "à assumer leurs responsabilités". Keystone

Joseph Deiss réclame des actions et pas seulement des déclarations. Le bilan qu'il tire du Sommet, à chaud, est plutôt mitigé.

Dans son discours, le chef de la diplomatie suisse a appelé ceux qui ne l’ont pas fait à ratifier le Protocole de Kyoto.

Lundi après-midi, au pavillon «Sustainable Switzerland, Joseph Deiss rencontre les journalistes suisses présents à Johannesburg. Or, comme il ne doit prendre la parole devant le Sommet que plus tard dans la soirée, il livre en quelque sorte le commentaire avant l’information.

Le ministre des Affaires étrangères propose d’ailleurs lui-même le ‘chapeau’ de sa conférence de presse: «je suis satisfait sans être euphorique». Du même coup, on a la clef de lecture de son discours.

Demi-mesures

Le monde, dit Joseph Deiss, attend «autre chose que de vagues déclarations d’intention. Les problèmes sont connus, les moyens de les résoudre aussi (…) ce qui manque, c’est une volonté d’agir ensemble et de façon résolue.»

De ce point de vue, il peut être satisfait: la revendication pour que le nombre des personnes privées d’accès à des services sanitaires de base d’ici à 2015 soit diminué de moitié a été acceptée.

Par contre, il sait que l’insistance helvétique sur la prévention dans le domaine de la santé et pas seulement sur l’accès aux soins n’a plus beaucoup de chances d’être prise en considération.

C’est une mauvaise nouvelle, surtout quand on l’annonce à Johannesburg, au cœur d’une Afrique australe gangrenée par le sida.

Trois piliers égaux

Autre message de Joseph Deiss: «le développement durable est LA priorité de la politique mondiale», le plan d’action de ce Sommet doit engager toutes les parties «à agir ensemble». Là , le ministre respire, comme sa délégation.

Car l’une des grandes négociations s’est conclue sur l’acceptation du principe que commerce, environnement et développement social sont trois piliers d’égale valeur et qu’aucun ne l’emporte sur les autres.

Ce qui, en plus clair, signifie que l’Organisation mondiale du commerce ne pourra pas se prévaloir d’une quelconque supériorité par rapport aux principes d’une bonne gestion de l’environnement et de la protection sociale.

Plaidoyer pour un partenariat global

Le ministre des Affaires étrangères reste convaincu que «Johannesburg est un test pour la crédibilité de la politique». Il plaide pour «un partenariat global» et «une attitude solidaire» des nations.

Joseph Deiss se veut concret. Il appelle «les États-Unis, la Russie et tous ceux qui sont appelés à jouer un rôle de leader à assumer leurs responsabilités», par exemple en rejoignant le Protocole de Kyoto.

Concret, c’est un mot qui devrait s’appliquer aussi au Partenariat pour les montagnes né officiellement ce lundi 2 septembre à Johannesburg.

C’est un modèle, assure en tout cas le ministre: «Nous voulons aussi montrer tout ce qu’il est possible de réaliser avec une telle ‘initiative-partenariat’.»

swissinfo/Bernard Weissbrodt, Johannesburg

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