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Bras de fer au Lötschberg

Sur le chantier, le mercure peut atteindre 40 degrés. Keystone Archive

Un débrayage de 24 heures paralyse depuis jeudi matin un tronçon du chantier du tunnel du Lötschberg. Les ouvriers dénoncent des conditions de travail intolérables.

«Les ouvriers du tunnel du Ferden souffrent de conditions de travail insupportables, affirme le Syndicat industrie et bâtiment (SIB). Ils en ont marre des promesses vagues du consortium responsable des travaux ARGE Ferden.»

Les quelque 200 mineurs concernés viennent de Suisse, mais également d’Allemagne ou d’Italie. Certains d’entre eux ont plus de vingt ans d’expérience. «Mais ils n’ont jamais vécu de telles situations», assure Jeanny Morard du SIB.

Jugez plutôt: des températures pouvant atteindre 40 degrés, l’air saturé de poussière et d’ammoniac, sans compter les gaz d’échappement des machines de chantier. Selon le SIB, les ouvriers souffrent de maux de tête et de gorge. Ce qui entraîne de fréquents arrêts de travail pour maladie.

Promesses non tenues

De telles conditions de travail – qui n’existent pas dans les autres chantiers du tunnel du Lötschberg – sont apparues dès l’ouverture du chantier du Ferden, il y a près d’une année. Et le consortium dirigé par l’entreprise Lusinger, filiale du groupe Bouygue, n’aurait toujours pas pris de mesures adéquates, affirme le SIB.

Le maître d’ouvrage BLS Alptransit qui a mandaté le consortium ARGE Ferden conteste les propos du SIB. Selon Nicole Bayard, porte-parole d’Alptransit, les travaux tournent actuellement au ralenti, précisément en raison des conditions de travail qui dépassent les normes admises.

Menace de plainte

«Dès que la température dépasse 26 degrés, le chantier est partiellement stoppé. En outre, un système de ventilation a été installé et un dispositif provisoire de réfrigération sera mis en place ces prochains jours», assure Nicole Bayard.

Ces précisions sont contestées par le SIB. Le syndicat souligne que la SUVA – l’ancienne caisse nationale d’assurance en cas d’accident – a pourtant préconisé l’installation d’un système efficace d’aération. Un avis que n’aurait pas suivi le consortium. «Il fait des promesses aussi bien à Alptransit qu’au SIB et il ne les tient pas», résume Jeanny Morard.

De son côté, ARGE Ferden juge cette grève illégale et envisage de porter plainte.

swissinfo/Frédéric Burnand

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