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Comment fabriquer de la peau à partir des cheveux

Les cheveaux sont cultivés in vitro jusqu’à obtention de petits disques d’épiderme. Keystone Archive

Une jeune société lausannoise lance un procédé de fabrication d'épiderme à partir des cheveux du patient qui a besoin d'une greffe de peau.

Disponible en Suisse et en Allemagne, la technique décroche une homologation restreinte pour le marché américain.

Encore peu connue du grand public, Modex Therapeutics, petite société lausannoise de 55 collaborateurs, semble néanmoins promise à un bel avenir.

Mercredi, elle a reçu de la Food and Drug Administration américaine (FDA) une homologation pour son premier et unique produit à ce jour: l’EpiDex.

A ce stade, il s’agit d’un permis de commercialiser dit «humanitaire». Dans cette catégorie, la FDA range les produits et procédés thérapeutiques destinés à un nombre restreint de patients, qui peuvent en attendre une amélioration notable de leur état de santé. Rien à voir donc avec l’aide au développement.

Mais l’homologation totale ne devrait pas tarder à suivre. L’EpiDex est d’ailleurs déjà présent sur les marchés allemand et suisse. Et dès le 1er janvier de l’an prochain, il sera remboursé par les caisses maladie helvétiques.

Une propriété étonnante

L’idée de base remonte aux années 80. A l’époque, Alain Limat, biologiste à l’Université de Berne, découvre par hasard cette propriété étonnante qu’on les cheveux humains de fournir le matériau de base pour des cultures d’épiderme.

Les droits du procédé sont ensuite rachetés par un groupe de scientifiques, au nombre desquels Patrick Aebischer, actuel président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Modex vient de naître, nous sommes en 1996.

Rapidement, la petite société peut compter sur l’appui de puissants investisseurs. Quatre ans après sa fondation, elle est cotée en bourse et entre dans le SNMI, l’indice réservé aux nouvelles technologies.

D’immenses perspectives

Chez Modex, on travaille sur l’EpiDex depuis les premiers jours. Le principe: prélever des cheveux sur un patient qui a besoin d’une greffe de peau et les cultiver in vitro jusqu’à obtention de petits disques d’épiderme, de moins d’un centimètre de diamètre.

C’est au moyen de ces «pièces de mosaïque» que l’on peut ensuite colmater les zones atteintes, par exemple en cas d’ulcère. Ainsi, le patient n’a pas à subir de prélèvement de peau sur une autre partie de son corps.

Les perspectives, on s’en doute, sont immenses. EpiDex pourrait ainsi devenir un jour un procédé incontournable dans le traitement des grands brûlés.

Futur leader européen

Et la jeune société lausannoise ne compte pas en rester là. D’autres produits dermatologiques basés sur la biotechnologie sont actuellement en développement ou en phase de tests cliniques.

Et pour bien afficher ses ambitions, Modex annonçait le mois dernier son intention de fusionner avec le néerlandais IsoTis, qui travaille dans le même créneau.

«Si cette union se réalise, nous deviendrons leader européen de la biochirurgie, ce nouveau domaine à la frontière du pharmaceutique et des instruments médicaux», annonce Christophe Lamps, porte-parole de Modex.

Du coup, la société lausannoise quitterait le SNMI – comme d’autres entreprises de biotechnologie l’ont fait récemment -, pour rejoindre le segment principal de la Bourse suisse.

swissinfo/Marc-André Miserez

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