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Comment pister du maïs génétiquement modifié

La méthode d'Alberto Soldati? Compter les grains blancs et jaunes des épis de maïs. ETH

Les pollens du maïs ne se déplacent pas autant qu'on le craignait. Des chercheurs de l'EPFZ ont trouvé un moyen simple pour les pister.

Les paysans savent désormais quelle distance mettre entre deux champs pour éviter toute contamination transgénique.

Le professeur Peter Stamp et son collaborateur Alberto Soldati qualifient en riant leur méthode de «primitive»:

Mieux, ces deux collaborateurs de l’Institut pour l’étude des plantes de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ne recourent à aucun organisme génétiquement modifié.

En fait, leur expérience n’est qu’une simulation. Et qui est valable pour le maïs seulement.

Rencontre à la Station fédérale de recherches d’Eschikon, dans l’Oberland zurichois.

swissinfo: Pourquoi qualifiez-vous votre procédé de primitif?

Alberto Soldati: Parce que nous avons simplement semé des champs de maïs blanc à côté de champs de maïs jaune. Et que l’on ne fait rien d’autre que regarder et compter.

Avec le vent, le pollen du maïs jaune se dépose sur le blanc et il forme une graine jaune. Car, génétiquement, le jaune domine le blanc.

S’il y a des grains jaunes, on sait qu’il y a eu une fécondation du champ d’à côté. Et l’on peut donc mesurer à quelle distance le pollen a volé.

Est-ce que vous pensez que cette méthode permettra de voir si la limite tolérée de 0,5% d’organismes génétiquement modifiés est respectée?

A. S.: Oui, nous sommes sûrs que la méthode fonctionne. Mais nous devons encore faire des tests dans différentes régions, notamment en Suisse romande.

Selon nos résultats provisoires, il faut aller à peu près à 300 mètres de distance pour trouver la limite de 0,5% de fécondation externe.

Il nous faudra une seconde année de récoltes pour vérifier les différents facteurs, notamment climatiques. Mais je pense qu’il faudra compter 400 mètres pour être vraiment sûr qu’aucun pollen n’a atteint un autre champ.

Notre but est de pouvoir dire exactement quelle distance il faut pour qu’un champ – par exemple biologique – ne soit pas touché par un champ conventionnel ou génétiquement modifié.

On reproche souvent aux chercheurs d’être partisans du génie génétique. Où vous situez-vous dans ce débat?

A. S.: Chez nous, à l’institut, nous avons huit groupes de recherche, dont certains comptent des personnes très critiques vis-à-vis du génie génétique. C’est normal.

A mon avis, l’essentiel est que les Universités continuent à avoir des gens qui connaissent les problèmes. Autrement dit qui sont des experts.

Est-ce pour cela que vous soutenez le projet de votre collègue Sauter qui veut faire des essais sur du blé transgénique?

A. S.: Oui. Mais on va aussi vérifier que l’expérience est menée correctement. Il ne faut pas oublier que cela concerne huit mètres carrés. Par rapport à toute la surface de blé cultivé en Suisse, ce n’est rien.

De toute façon, aucun pollen ne sortira. Toutes les précautions ont été prises. Nous veillons à respecter toujours ce qui est pour nous un triangle intangible. En d’autres termes, nous voulons une agriculture durable, économique et sociale.

swissinfo/Propos recueillis par Ariane Gigon Bormann

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