Du toaster à «RoboX»
Après «Piazza Pinocchio» et «Ada», voici «Robotics», dernier élément du triptyque qui évoque l'intelligence artificielle sur l'arteplage neuchâtelois.
Alors que l’école polytechnique de Zurich s’est occupée de l’exposition «Ada», sous-titrée «l’espace intelligent», c’est sa consœur vaudoise, l’EPFL, qui a mis sur pied «Robotics», une exposition qui tente de résumer l’évolution de la robotique et des rapports qu’entretiennent l’homme et la machine, le dieu et sa créature.
Lèche-vitrine historico-technique
Ce sont des robots autonomes, dont la principale fonction est de guider les visiteurs, de les emmener vers les vitrines et de leur apporter des explications. Mon guide à moi parle quatre langues et s’appelle RoboX 105. «Je pèse 100 kilos et j’ai 23 jours», me précise-t-il.
Avant de poursuivre: «sachez que vous êtes aussi étrangers à nos yeux que nous pouvons l’être pour vous. Pour nous les robots, vous êtes des choses biodégradables, qui se composent surtout d’eau. Au fond, vous êtes des melons, car ils ne contiennent, eux aussi, presque que de l’eau. Des melons avec des pulsions sexuelles inexplicables pour nous, les robots». Et je ne lui avais pourtant pas fait d’avance, c’est promis.
Derrière la plaisanterie – car réellement, nos amis les RoboX ont de l’humour – il y a l’exploit: une telle équipe de robots autonomes est une première mondiale, nous dit-on, et l’EPFL semble particulièrement fière de cet état de fait, son site Internet en témoigne.
Nos amis les robots nous font donc découvrir la suite du programme, et participer à quelques activités ludiques – notamment une séance de photo sur le mode du «cadavre exquis», cher aux Surréalistes.
A chacun sa place… jusqu’à quand?
Et soudain, notre regard s’arrête sur une ultime vitrine, laquelle nous sépare d’un local où travaillent des vrais gens, en chair, en os et en cerveau. Ce sont les ingénieurs de l’EPFL, qui bidouillent sur leurs programmations et suivent les exploits de leurs bébés mécanico-numériques.
Une jolie pirouette finale, puisque le robot est alors investi d’un certain nombre de caractéristiques humaines – langage, connaissance, communication – alors que l’homme se cantonne, sous sa cloche, au rôle de cerveau à deux pattes. Deux pattes peut-être bientôt inutiles…
swissinfo/Bernard Léchot
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