Greenpeace suisse surfe sur une vague de succès
En 2001, l'organisation nationale de défense de l'environnement a récolté 18 millions de dons, soit 26% de plus que l'année précédente.
Pour Clément Tolusso, porte-parole de Greenpeace suisse, ces chiffres reflètent surtout la crédibilité que l’organisation s’est forgée au fils des années.
Swissinfo: Etes-vous surpris par votre succès ?
Clément Tolusso: Pas vraiment. Certes, nous obtenons cette année nos meilleurs résultats en chiffres absolus. Mais les dons de Geenpeace suisse affichent une progression constante depuis une dizaine d’années. Entre 1991 et 2001, nous sommes ainsi passés d’une dizaine de millions de francs de dons à 18 millions l’an dernier.
Aujourd’hui, quelque 160’000 donateurs contribuent au financement de nos activités. La moyenne des dons se situe toujours autour des 100 francs par personne.
Qui sont vos donateurs ?
C. T.: L’organisation internationale se refuse à recevoir une aide des Etats ou des multinationales. Autrement dit, nous n’acceptons que les dons privés.
Avez-vous le sentiment d’avoir gagné la confiance des Suisses ?
C. T.: Certainement. La population suisse a réalisé que les actions des organisations de protection de l’environnement représentent un contre-pouvoir indispensable. Notre première mission est de faire respecter les lois en vigueur. Et, en la matière, nous avons fait nos preuves sur un certain nombre de dossiers.
Quels ont été vos principaux succès ?
C. T.: Nos campagnes dans le domaine de la chimie et des déchets toxiques ont probablement été les plus porteuses.
A ce titre, le projet d’assainissement de la décharge de déchets chimiques de Bonfol dans le Jura peut être cité en exemple. Durant de nombreuses années, Greenpeace a dénoncé les risques de contamination de la nappe phréatique et l’insuffisance des mesures de surveillance mises en place dans le secteur.
Aujourd’hui, l’industrie baloise a admis l’existence de la pollution qui s’échappe de la décharge. C’est une façon de reconnaître le bien-fondé de notre combat. Même si l’assainissement de la région n’a pas encore concrètement commencé.
Quels seront vos principaux objectifs à venir ?
C. T.: Nous allons continuer de travailler sur les problèmes de pollutions chimiques. La biodiversité, le génie génétique et la politique suisse des transports resteront également au centre de nos préoccupations.
Mais nous allons surtout concentrer nos forces sur les votations relatives aux initiatives anti-nucléaires «Sortir du nucléaire» et «Moratoire plus». Des textes qui seront soumis au vote du peuple en mars 2003.
La campagne est d’autant plus importante que nous avons de bonnes chances de l’emporter malgré la puissance du lobby nucléaire.
Les sondages montrent, en effet, qu’une majorité de Suisses s’oppose à la poursuite de la course à l’atome. Pour mémoire, les citoyens ont déjà voté un moratoire sur la construction de centrales nucléaires.
La population suisse est-elle toujours plus consciente des problèmes environnementaux ?
C. T.: Les Suisses ont toujours été très sensibles à la protection de l’environnement. Pour autant, on ne peut pas dire que le comportement de la population ait profondément changé ces dernières années.
J’ai plutôt l’impression que les Suisses se rachètent une sorte de bonne conscience en finançant les organisations de défense de l’environnement. C’est en quelque sorte une façon de déléguer leurs compétences et leurs responsabilités.
Quels sont vos rapports avec l’organisation faîtière de Greenpeace ?
C. T.: Au même titre que toutes les branches nationales, nous contribuons activement au développement de l’organisation. L’an dernier, nous avons pu verser 3,3 millions de francs aux activités internationales de Greenpeace, soit 420’000 francs de plus que prévu. Un supplément qui a notamment permis de soutenir les campagnes en faveur de la forêt tropicale.
Notre contribution participe également à l’implantation de l’organisation à travers le monde. Ces dernières années, Greenpeace a ouvert de nouvelles antennes, notamment à Manille, Bangkok, New Delhi et même en Papouasie.
swissinfo/Vanda Janka
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