Johannesburg 2002 se prépare à New York
Ces jours-ci à New York, on s'active à la préparation du Sommet de la Terre. La Suisse en attend plus qu'une fête anniversaire.
Week-end de Pâques. La douzaine de Suisses qui participent à New York à la 3e conférence préparatoire du Sommet de la Terre n’ont pas vraiment loisir d’y penser. Ils n’ont en tête que la formule: Johannesburg = Rio + 10.
C’est fin août, en effet, que la cité sud-africaine doit accueillir le grand rendez-vous international, chargé de dresser le bilan une décennie après le Sommet de Rio et de définir les nouvelles priorités du développement durable.
Que reste-t-il du fameux Agenda 21 et de toutes ses bonnes résolutions sur le développement et l’environnement? On est en tout cas bien loin de les avoir toutes mises en œuvre. Il reste beaucoup à faire.
«Il y a des habitudes de consommation qui n’ont pas beaucoup changé après Rio», constate Serge Chappatte, vice-directeur à la DDC (Coopération suisse) et chef de délégation à la conférence préparatoire de New York. «On vit toujours sur des modèles qui dévorent beaucoup d’énergie.»
Il faut expliquer le développement durable
Johannesburg sera donc placé sous le label du développement durable. Serge Chappatte admet volontiers que c’est une idée formidable, mais difficile à mettre en pratique et à expliquer.
«La Suisse, nous dit-il, veut s’attacher à présenter cette idée de manière claire et concrète. Une fois l’explication donnée, le public ne pourra qu’être d’accord avec elle, car il la vit tous les jours au village comme à la ville.»
Faire converger les efforts de développement économique, de promotion sociale et de protection de l’environnement est un pari fondamental. Aucun de ces trois piliers ne va sans les autres. Beaucoup d’initiatives sont prises, ajoute l’expert, mais on ne voit guère encore de réalisations véritablement équilibrées.
Johannesburg devra faire face également à de nouveaux défis que l’on n’avait pas suffisamment évalués ou même imaginés à Rio. On pense en particulier aux effets de la mondialisation, à l’insécurité, au terrorisme, au développement des télécommunications et des biotechnologies.
La Suisse défend les pays de montagne
Le gouvernement suisse a décidé de mettre l’accent sur une poignée de chapitres comme les ressources en eau douce, le climat, le commerce et l’écologie, la lutte contre la pauvreté et la bonne gouvernance à tous les niveaux.
Mais c’est sur le thème de la montagne qu’il entend être le plus porteur. Et Serge Chappatte d’expliquer comment une quinzaine de pays de tous continents partagent une volonté commune de développement durable dans leurs écosystèmes montagneux, même si les situations varient énormément d’une vallée du Népal au Val d’Anniviers, au cœur des Alpes suisses.
«Nous avons signé la convention contre la désertification, poursuit-il, nous avons du respect pour tous les pays qui luttent pour des mers propres. Mais on attend d’eux qu’ils comprennent également les conditions de pays qui n’ont ni mers ni déserts et qui luttent pour la défense de leurs montagnes.» D’ailleurs, leurs châteaux d’eau n’alimentent-ils pas aussi les océans?
Les conférences se suivent
Cela dit, est-il bien raisonnable de placer quelque espoir dans le Sommet de Johannesburg? Pour Serge Chappatte, les conférences se succèdent les unes aux autres dans une sorte de «séquence vertueuse»: Doha, Monterrey, etc. Avec, dira-t-on, des résultats pas toujours à la hauteur des attentes.
Le chef de la délégation suisse ne veut pas augurer de la qualité de la préparation du rendez-vous sud-africain. Il en espère tout de même «un document ayant de la consistance, avec des engagements fermes pour continuer de manière durable les actions commencées à Rio».
Après New York, c’est à Bali, en Indonésie, que s’arrêtera fin mai l’ultime étape de mise au point du Sommet. Là, ce ne sont plus les experts mais les responsables politiques qui trancheront. Et c’est Joseph Deiss, ministre des affaires étrangères, qui défendra les points de vue suisses.
swissinfo/Bernard Weissbrodt
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