La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Langues européennes: la Suisse montre l’exemple

La version suisse de Portfolio des langues, présentée jeudi à Berne. Keystone

Le Portfolio européen des langues permet de radiographier l'état des connaissances linguistiques de son détenteur mais aussi de les comparer à l'échelon européen. La Suisse a activement participé à l'élaboration de cet outil d'évaluation et de promotion des langues.

La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) a présenté une version helvétique de ce Portfolio ce jeudi à Berne.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’année européenne des langues 2001. Sa philosophie est d’encourager le plurilinguisme et de favoriser une meilleure compréhension entre les personnes.

Afin de soutenir la réalisation de cet objectif, pas moins de 15 pays, dont la Suisse, se sont dotés d’un outil commun: le Portfolio européen des langues. Un document qui est tout à la fois instrument d’évaluation des connaissances linguistiques et outil pédagogique pour l’apprentissage des langues.

L’idée a été lancée au cours d’un symposium du Conseil de l’Europe en 1991 déjà. Il a donc fallu plus de 10 ans pour que le concept se concrétise. Et pour cause. De nombreux pays, dont la Suisse, ont participé à la réalisation du projet.

Mais si le Portfolio est le résultat d’un travail commun, plusieurs pays européens ont développé leur propre modèle. C’est le cas de la Suisse. Son modèle a été accepté par le Conseil de l’Europe en octobre 2000. Mieux. Il a été adopté par différents pays européens.

Le Portfolio helvétique, traduit en quatre langues – Français, Allemand, Italien et Anglais – est destiné aux adultes et aux élèves dès la 9e année scolaire.

Mais la contribution de la Suisse ne s’arrête pas là. En effet, le Portfolio des langues se décline en trois parties. Un dossier recueillant les différents travaux personnels et illustrant les acquis des étudiants. Une biographie linguistique qui renseigne sur les divers enseignements suivis. Et – fruit d’une recherche helvétique – un passeport offrant une vision globale de l’état des connaissances de son détenteur.

La conception de ce passeport, qui sera désormais utilisé dans toute l’Europe, est en effet un pur produit suisse dont l’élaboration a été financée par l’Office fédéral de l’éducation et de la science. Le document est d’autant plus important qu’il établit une véritable grille de référence permettant d’évaluer et de comparer les connaissances linguistiques de son détenteur.

Dans ce contexte pas de notes ou de simples appréciations qualitatives des compétences. Le Portfolio européen des langues préfère une description verbale des aptitudes linguistiques des étudiants.

«Le système de notes que l’on utilise généralement dans l’enseignement permet de comparer les compétences d’une personne au niveau d’une classe, voire d’un établissement, explique Gunter Schneider, co-auteur suisse du Portfolio. Nous avons préféré établir une grille de référence axée sur le savoir-faire.»

L’échelle commune de référence européenne se décompose en six niveaux de compétences qui recouvrent la lecture, l’écoute ou encore la conversation. Le tout est affiné par une évaluation plus précise des aptitudes.

Pour utiliser convenablement le Portfolio, il ne faut donc plus dire «j’ai de bonnes connaissances en allemand» mais, «dans cette langue, je suis capable de lire un texte rédigé en langage courant» ou bien «je suis apte à lire un texte, même abstrait et complexe».

L’intérêt majeur de ce nouveau mode d’évaluation est de décrire de manière concrète et transparente un savoir-faire comparable au niveau international. Un atout pour le détenteur du passeport qui peut ainsi mesurer ses connaissances ou le chemin à parcourir pour atteindre le niveau souhaité. Une aubaine également pour les employeurs, qui disposent ainsi d’un outil capable de jauger les compétences de leurs collaborateurs.

La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique recommande donc l’introduction de la version suisse dans l’enseignement scolaire. Elle engage également le monde du travail à utiliser ce nouvel outil de référence. Elle a d’ailleurs déjà reçu le soutien des milieux patronaux et syndicaux, ainsi que celui de diverses organisations du monde de l’éducation.

Vanda Janka

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision