La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Le diplomate se rapproche peu à peu du public

Les tâches du chef de la Mission permanente de la Suisse à Genève sont aussi variées que le panorama des organisations internationales.

Pour les mener à bien, l’ambassadeur Jean-Marc Boulgaris peut compter sur une équipe de 38 personnes. Interview.

swissinfo: Le métier d’ambassadeur serait-il en train de changer?

Jean-Marc Boulgaris: Le diplomate pratique un métier qui reste empreint de certaines règles traditionnelles, mais il est aujourd’hui davantage amené à agir hors des enceintes où l’on avait l’habitude de le voir.

Il a un contact beaucoup plus étroit avec l’opinion publique et avec la société civile en général. Pour prendre le cas de Genève, l’ambassadeur de Suisse doit non seulement suivre les activités des organisations internationales, mais aussi celles des ONG qui sont nombreuses sur la place.

Peut-on dire qu’à Copenhague vous faisiez du bilatéral et qu’à Genève vous faites désormais du multilatéral?

J.-M. B.: Tout à fait. C’est même un bon résumé de ma carrière. Une moitié dans la diplomatie bilatérale, l’autre dans le multilatéral. Les deux sont des métiers passionnants. Passer de l’un à l’autre est toujours un plaisir.

Mais des métiers différents?

J.-M. B.: Oui, dans une certaine mesure. Du diplomate bilatéral, on attend qu’il se crée un réseau de contacts au sein du pays hôte et qu’il se consacre à soigner ces contacts.

Dans le milieu multilatéral, où l’on discute en commun de problèmes d’intérêt commun, le diplomate est amené à rencontrer toutes sortes de représentants d’autres nations. Il lui faut entretenir un réseau qui embrasse le monde entier.

Pensez à la lutte contre le sida ou à la détérioration du climat: on ne peut pas résoudre les problèmes auxquels la planète est confrontée sans une coopération multilatérale.

Pour un ambassadeur, que change l’entrée de la Suisse à l’ONU?

J.-M. B.: Pas grand’chose sinon le climat ambiant, sauf pour mon collègue à New York qui va devoir voter des résolutions à l’Assemblée générale. Ce n’est pas le cas ici. La Suisse était déjà membre à part entière des organisations installées à Genève.

Les différences apparaîtront plus tard lorsque nous aurons par exemple un siège à la Commission des droits de l’homme. A ce moment-là, le représentant suisse à Genève sera directement impliqué dans les votes de cette commission. Et pour lui ça sera un grand changement.

Et pour vos collègues dans les différentes capitales?

J.-M. B.: De façon générale, l’entrée de la Suisse à l’ONU permet aux ambassadeurs d’éviter les reproches qu’on entendait parfois sur notre volonté de nous singulariser et de bénéficier du travail fait par les autres.

Mes collègues pourront mieux défendre les intérêts suisses par exemple lors d’élections à l’ONU. Ces choix sont toujours précédés de campagnes de promotion dans les capitales. La Suisse fera de même puisque désormais elle peut être élue dans les organes de l’Assemblée générale.

swissinfo/Bernard Weissbrodt

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision